LES MAUVES Un parti politique pour articuler ensemble nos volontés C'est un tout que l'être humain et ce tout est prioritaire

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Les Mauves
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EDITO N° 23 du 8 juin 2002

Notes de campagne.
Pendant quinze jours j'en aurai rencontré des êtres humains! Ceux qui sont de la France d’en bas comme on les appelle maintenant, (Il est si facile de croire qu’en changeant de termes, le problème est résolu, la réalité effacée), euphémisme ici et là : des partis, des catégories sociales d’en haut et d’autres d’en bas,( j’avais d’abord cru qu’il s’agissait ”des gens” du midi).

Pendant quinze jours, j’en aurai rencontré des êtres humains !, On n’ose
plus dire les choses, on affadit, bref on ne veut pas faire peur aux gens,
on arrondit les angles, on fait du marketing, on triche.
" La gauche caviar " , une femme présente dans un débat a applaudi : elle
croyait que j’avais inventé le terme ! Ou carrément on revient à des mots
qu’on croyait inutilisables, jetés pour toujours à la poubelle avec la chose
nommée : " les pauvres " ; on ose maintenant. C’est dire la régression
dans l’analyse de la société par les tenants du système tout libéral qui a
fait tourner bien des têtes de braves gens qui se (re)trouvent avec des
SMIC des RMI ou des CDD !
Tout à l’heure, sur le trottoir du bd St Michel une jeune femme bousculait
avec impatience une femme, une gitane à peine plus âgée qu’elle, qui
portait un bébé sur ses bras et "mendiait ". Au théâtre, on a repris
l’expression " faire la manche ", mais c’est plus chic.
Une autre, dans un débat, analysait avec perspicacité les caricatures de
l’amour dans les téléfilms porno. Elle conseillait à ses filles de ne pas
”se laisser avoir” dans ces pièges érotiques, que leur tendaient des
garçons et ces images, mais leur apprenait à y prendre ce qui était bon, à
savoir choisir, et elle terminait : " l’amour est immense ". L’amour et le
discernement. Tout un programme.
J’ai retenu la soif de culture chez les " petites gens ", les "gens
modestes ", dans les préaux et ailleurs, le jugement sans faille
devant les injustices sociales, et leurs sources, la grande dignité : un plat
de pommes de terre orné d’une petite bougie pour faire la fête avec ses
jeunes enfants : la nécessité de la tendresse et du rite.
Et j’étais partagée entre cette tendresse et la honte de voir la " France
d’en haut " si arrogante, certaines catégories sociales déjà bien payées
réclamer encore et encore, mécontents, si j’ai bien compris, que la seule
différence dépasse à peine le SMIC ! et ces petites gens estomaqués,
car ils vivent eux de cette différence. Il y a de quoi être révolutionnaire.
Mais non, je ne suis pas révolutionnaire, les Mauves ne souhaitent
pas ces grands chambardements: souvent superbes dans leurs
architectures théoriques, hasardeux dans leurs conséquences. Je crois,
nous croyons, au travail quotidien, travail politique constant remis sans
cesse sur le chantier, pour empêcher concrètement une catégorie de
gens, une infime minorité, d’écraser par un système soi-disant moderne,
(encore un abus de langage), qui sert leurs intérêts d’abord et avant tout,
parce qu’ils ont l’argent, donc une force, un pouvoir, l’arrogance, les
voitures, les voyages faciles, le chic, les bijoux, l’aisance que donne la
sécurité et l’indifférence totale à l’égard des autres.
Ce que nous proposons, c’est qu’on appelle la social-démocratie,
travail opiniâtre, dont on aimerait nous faire croire qu’elle serait
dépassée, démodée, la république aussi peut-être ?
Oublier le peuple est la plus grande faute politique qui se puisse
faire. Faire des lois iniques, demander des sacrifices qui dépassent
les possibilités réelles, raisonnables de près de quatre millions de
personnes, alors qu’on est soi-même très largement à l’abri, est, en
même temps, une faute morale. Et ces deux fautes -là, le petit peuple les
a repérées. il a le jugement sûr. Il n’est pas sot : quand on (le Ministre en
personne, quel honneur !), le félicite d’avoir réussi le passage à l’euro, il
sait bien qu’on se fiche cyniquement de lui, car, pour ne prendre que cet
exemple, la question de l’euro n’est pas dans son application technique,
manuelle (aidée par un porte-monnaie créé tout exprès s’il vous plaît),
mais dans son principe et dans ses conséquences, son sens, sa portée.
C’est de cette éducation politique dont il a besoin, pour
comprendre et les cas échéant être persuadé ou critiquer. Sinon, poussé
à bout, fatigué, précarisé, ballotté, il tente de toutes ses forces, de sortir
de ses difficultés, et il écoute la gauche, la droite, et s’il est déçu, il lui
arrive d’écouter les sirènes des plus offrants, même celles de l’extrême
droite, si étriquées, violentes, fermées, fascistes, mais si sécurisantes
dans leur simplisme même. Une bourgeoise de province, femme de
médecin, ayant un niveau de vie très confortable, notable de sa ville,
s’étonnait de ce que sa bonne n’avait pas l’air contente du cadeau de
nouvel an qu’elle lui avait fait : une soupière remplie de noix (ce n’est pas
dans Balzac que j’ai lu cette histoire, elle est réelle).
Mais le peuple a sa part de responsabilité aussi : cherche-t-il
vraiment à voir ce qu’il y a derrière les offres alléchantes des plus offrants
? Ces politiques qui ont des ”châteaux”, avec ou sans piscine, pourquoi
les écoute-t-il et même les admire-t-il ? quel besoin d’adorer ce dont il
devrait plutôt se méfier ? d’où vient cette confusion des esprits, cet
aveuglement ? c’est un immense problème non résolu. A l’autre bout, un
idéal de justice absolue, sans doute, pas de richesse apparente, un petit
facteur à vélo pour les prolétaires. Mais qu’y aura-t-il dans et au bout de
cette révolution annoncée (même comme horizon lointain), quelle
violence, quel totalitarisme dans ce rêve d’un miracle social ?
Il faut donc que le peuple se réveille. et ne se laisse pas endormir,
entraîner dans des aventures périlleuses dont on a vu les sinistres
issues.
Mais il y a une voie, qu’il désire prendre d’ailleurs coûte que coûte et
prend parfois admirablement, celle de la culture. Avoir l’accès à une
véritable culture, car il veut accéder au savoir, au monde des idées
pouvoir créer lui-même, faire, choisir, participer à la recherche de la
vérité ..Le peuple sait aussi que ce qui est beau est une nourriture pour le
corps et l’âme. Il est capable de penser, il faut développer sa capacité
critique qu’elle devienne une force de proposition, il est capable de goûter
le beau et de le créer et que tous les habitants de ce monde se
considèrent comme des égaux, non comme des matériaux au service
d’une minorité.
Sa colère est donc juste, mais c’est grâce à des lois justes (et
pas seulement l’égalité des chances) qu’elle deviendra une volonté, une
force constructive et créative. Il faut que le peuple soit pris en
considération.
Oui , culture et politique, pour tous et toutes, mais par culture nous
entendons aussi modes de vie, art de vivre. Nous, les Mauves, nous
sommes bien les seuls à avoir approfondi cette question de nos
sexualités, de cette relation extraordinairement bonne à l’autre qu’aucun
autre parti ne prend à bras le corps si j’ose dire, radicalement, dont nous
entendons bien faire un des moteurs essentiels de notre projet. Et nous
désirons des enfants et nous les élèverons, et nous ferons ainsi
progresser la famille et le couple et la qualité de la relation sexuelle,
rompant avec la vieille inégalité homme-femme. Quelque chose est
pourri au royaume de nos conceptions archaïques qui empêche de
penser plus juste plus large plus riche, moins violent, moins sommaire,
moins férocement égoiste et moins faux.
Deux exemples ; la LOI interdit à deux lesbiennes d’adopter un enfant, la
loi interdit la PMA, au nom de la nature. hétérosexiste et mieux
hétérophallocratique (chiche ! le mot est hérissé de piques comme au
sommet des grilles des parcs); en Suède, les couples homosexuels ont
obtenu ce droit. C’est donc bien une question politique et c’est notre
engagement, comme futurs élus mauves, de hâter cette mutation.
Indispensable et urgent ,en cette période de tournantes, de dévoiement
sexuel chez les plus jeunes dans leurs rapports avec les filles, fondés
sur la violence, de violence à l’égard des femmes et des homos et des
lesbiennes ; ce n’est qu’au moyen de l’égalité des sexualités que sera
rétablie peu à peu une égalité perdue, sauf exception rarissime, depuis
des millénaires.
Dans Le Parisien d’aujourd’hui je lis ceci à propose des " Mémoires
d’Hadrien ", mis en scène par Pierre Santini (texte de Marguerite
Yourcenar elle-même écrivaine homosexuelle célèbre) : " les principaux
thèmes ont été respectés au théâtre Molière. Seul l’amour qu’Hadrien
portait un jeune Antinoüs n’a pas été abordé pour éviter toute
interprétation ambiguë. "
Quelles conclusions voulez-vous que le lecteur moyen, l’homme (et la
femme) de la rue qui lit cela, en tire ? Il est renforcé dans ses convictions,
dans les erreurs qu’on lui a inculquées, on lui tient la tête sous l’eau de
l’ignorance. Au profit de qui ?
Et sur ARTE, un documentaire montrait les femmes vitriolées au
Bangladesh et d’autres pays voisins ; drame traité sous l’angle moral
,social, psychologique, alors que ce problème est essentiellement
politique. Qui réclame une révision de toutes nos conceptions sur la
sexualité, tout autant qu'une suppression toutes les autres formes de
dominations, discriminations. partout encore et toujours.
Alors je ne vais pas faire un discours bien minuté, pesé au trébuchet, un
résumé creux ou au contraire rhétorique et persuasif, bien tapé, choisi
par un conseil en communication pour vous dire " choisissez-nous, nous
sommes les meilleurs " ; je dirai : choisissez, vous, et choisissez-vous.
Quel type d’être humain souhaitez-vous être pour garder votre propre
respect ? Quel type de société, à votre avis, permettra de sauvegarder cet
essentiel ? Examinez bien toutes nos propositions, Si vous êtes d’accord,
peut-être nous rejoindrez- vous ?
Sommes-nous à mettre dans le plateau de gauche ou celui de droite ?
Pour en juger,tirez vous-mêmes les conséquences qui s’imposent
d’après nos propositions, si, au lieu de réfléchir au fond, l’on veut utiliser
cette vieille expression qui date de la Révolution et qui se traduisait
matériellement par l’emplacement occupé successivement dans les
travées selon leur volonté révolutionnaire poussant les plus modérés
vers la droite.
Ces trois campagnes, municipales, présidentielles et législatives (ces
dernières, les "vraies de vraies" puisquenous avons enfin répondu aux
minutieux critères administratifs, donc officielles) auxquelles j’ai, nous,
avons participé sont des signaux forts que nous vous adressons ; c’est
vrai, nous n’avons même pas eu l’argent nécessaire pour envoyer à nos
électeurs les professions de foi dans les plis officiels adressés à chaque
électeur.
Notre parti, après cinq ans d'espérience, a mûri, il s’est développé, il veut
toujours tenir les deux extrémités de la chaîne que forme l’être humain : à
la fois, sa finalité propre d’être vivant, conscient fait de chair, d’esprit, de
cœur, de volonté, d’esprit et celle d’être social, c’est-à-dire foncièrement
solidaire.
Faites le choix que vous jugerez le meilleur.

Geneviève Pastre.

PS Aidez-nous financièrement, il est encore temps et il n’est jamais trop
tard, mais nous devons boucler notre budget notre compte de campagne
dans quelques semaines. Nous avons avancé l’argent. Nous nous
moquons de l'épaisseur du papier glacé, des excès de dépenses et des
tapis rouges, des lustres et des banquets (bien que nous soyons
gourmands), cela ne nous a jamais éblouis ni convaincu/es mais nous
devons poursuivre.
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