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Edito
EDITO N° 25 du 26 juin 2002
Où se joue l'histoire ?
J'ai participé aux toutes premières marches gaies, quand nous étions alors une cinquantaine, une poignée, nous interpellions les gens étonnés sympatisants ou méfiants aux fenêtres...
Oui, nous bravions les interdits, oui, le mot fierté avait un
sens plein et pleinement mérité. Maintenant c’est une foule immense,
maintenant, maintenant quoi depuis les dernières élections, un petit goût
amer ou un petit sursaut de lucidité ?une volonté de sortir de l’ornière de
la répétition, de l’officialisation.
Car ce n’est plus là que se joue l’Histoire. Nous venons de
l’apprendre. Nous les Mauves l'avions déjà compris
C’est cependant un microcosme au niveau d’une ville, de la vie réelle de
la communauté gaie (au sens le plus large du terme).
On peut regretter qu’elle se soit officialisée, canalisée ! On me dira que,
pour toute manifestation, la préfecture exige des garanties, qu’il y a des
règles impératives et que vu l’affluence pour éviter la pagaille, il faut un
ordre, un minimum d’ordre, donc " de l’ordre ", mais est ce bien sûr ? et
que signifie cet ordre ? est-ce un ordre préférentiel, par ordre de mérite
d’importance, d’efficacité, d’ancienneté ? ce n’est tout de même pas une
parade militaire ! ! et qui est responsable qui est habilité à légitimer la
place à la banderole ou au pré carré de tête, doit-on mettre les hommes
ou les femmes d'abord ? etc. Combien d’élus faut-il avoir pour mériter
d’être à la banderole de tête ? qui aura la pancarte ou banderole, la plus
grosse la plus percutante ? faudra-t-il éviter le n°13 ? pourquoi ne pas tirer
au sort ? et pourquoi la foule bon enfant ? pourquoi copier les premiers
mai ?
Car qui jugera de la valeur de ce classement ? le public ? qui s’en fout .
les journalistes ? à qui on offre des images toutes prêtes, toutes
mâchées, mais qui savent juger, mieux que personne, du dessous des
cartes ? quelle misère que tout cela, quel enjeu dérisoire !
Face à des pouvoirs publics dont on se doute bien qu’ils seront réticents
devant la volonté des gais et des lesbiennes et ne nous céderont
peut-être quelques droits supplémentaires que sous la pression, et sous
une pression constante dans un rapport de forces différent, il est utile
d’être là.
Les Mauves vous y rencontreront, peut-être en tête (si on a été
admis par les maîtres de la cérémonie) ou mêlés à la foule, n’importe où dans la foule, car c’est au peuple gai et au peuple dans son ensemble que nous
apportons notre message. Nous l’avons appris, Vous nous rencontrerez,
alors, individuellement, comme vous le faites dans la rue, dans le métro
dans les réunions, par le mail, par lettre, à cheval ou en voiture dans les
villages ou dans le TGV !
Mais en fait on s’en moque complètement de laplacee officielle ET ne
boudons pas ce plaisir partagé ! le partager avec tous et toutes, un
moment de fraternité et d’affirmation, entre défilé, carnaval, manifestation,
kermesse, tendresse, légèreté.
Mais ce n’est qu’une pause, symbolique, gratuite solidaire des autres
pays et des autres continents.
Car l’essentiel c’est bien ailleurs qu’il se joue, nous le savons !
Nous les MAUVES, nous sommes d’abord politiques, car nous savons
que c’est à ce niveau-là que nous devons être présents, c’est à ce
niveau-là que nous exprimerons et imposerons notre volonté d’œuvrer un
jour directement pour vous et pour tous, dans les instances du pouvoir
que vous nous donnerez aux prochaines élections. de croire que d’autres
peuvent décider pour nous, car nous sommes sortis des illusions
dangereuses.
Dès la rentrée, nous réagirons régulièrement aux événements, nous
vous informerons, nous vous inviterons à venir écouter nos propositions
et en débattre avec nous, au CGL et dans des lieux que vous nous
proposerez ou que nous vous indiquerons à la rentrée.
Si l’homme est un chantier, notre parti aussi est un chantier ouvert, le
pays aussi et il y a du pain sur la planche et du bon j’espère.
Geneviève Pastre.
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