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EDITO N° 26 du 28 juin 2002

Gay Pride is Trade Mark
Le 14 juin 2002, nous venons de vivre à Paris notre première "Gay Pride" aux Tuileries. La seconde aura lieux le 29 juin 2002... dans la rue. Alors voilà, au début, étaient les militants qui prenaient des risques à défiler pour réclamer plus de considération pour les PD.

Ils n'étaient pas nombreux dans les années 70, une poignée, quelques dizaines. Petit à petit, la manif annuelle a pris de l'ampleur. En 1995, rue de Rennes à Paris, nous étions 80 000 alors que l'année précédente nous n'étions que 20 000 ! Ca commençait à se décoincer. Juste avant, ou juste après, un mec a déposé la marque Gay Pride. Ca voulait dire ce que ça voulait dire... y a du potentiel derrière tout ça... les uns disaient : c'est pour protéger l'usage du terme Gay Pride et donc les PD. Les autres affirmaient que nenni, c'est dans l'idée de faire du fric sur le dos des PD...
Il y a donc ceux qui pensent que le terme Gay Pride est devenu une Marque pour en réserver l'usage aux manifestations homos et ceux qui pensent que c'est plutôt pour en dégager des bénéfices futurs. C'est devenu en fait un objet de guerre de tranchée, un conflit larvé qui ne dit pas son nom. C'est une évidence, l'objet initial de la Gay Pride n'est plus !
Personne n'avait prévu qu'en 2002 les PD auraient droit à deux manifestations avec deux noms différents. La première (la Gay Pride et c'est bien ça le pire) où l'on nous parque dans la poussière avec les forains, les starlettes de la télé réalité et tout ce qu'on trouve au passage pour essayer d'attirer les journalistes ; et la seconde qui n'a plus le nom de Gay Pride mais : "LGBT truc muche" et qui aura lieu dans la rue le 29 juin 2002 à Paris notamment.
Qu'une entité commerciale ait racheté la marque, personnellement, j'en ai que foutre. Pour moi, la Gay Pride reste la Gay Pride et elle est dans la rue ! Oublié cette appellation à deux balles et à rallonge "LGBT machin truc". La Gay Pride n'a rien de commun avec les manèges d'un parc d'attractions qui n'ont rien d'attractifs ni de festifs. Cette soirée était d'une bêtise à crever un plafond d'audimat.
Planète LOFT, 2 pour le prix d'1. On brade ?
Dans le carré VIP (j'aime déjà pas le concept !) c'était la foire d'empoigne pour une coupe de champagne et même pour être pris en photo. Exemple : je cherchais à faire le portrait du présentateur de Good As You un mec n'arrêtait pas de le coller pour être sur la photo. Il m'a fallu dire clairement que sa tronche ne m'intéressait pour qu'il consente à sortir du champs. Un calvaire !
Le Loft 2 avait dépêché Leslie et Laurine qui se pavanaient dans les bras d'un vieux forain très connu qui n'en pouvait plus d'avoir l'honneur de les tripoter en public. J'ai réussi à ne pas le prendre en photo... Seule Loana m'a surpris. Calme, avenante, souriante et radieuse. Elle continuera de nous étonner positivement si elle reste elle-même. Mais ce sera dur...
Quant à Jean Edouard du Loft 1 il n'arrêtait pas de faire des grimaces. "Je peux faire une photo ?" et lui de m'interroger : "A poil ?" J'ai répondu : "Comme tu veux !" Il n'a pas osé ! Carré VIP toujours. Arrivé très tôt, aucun problème. C'était cool, détendu et on se disait bonjour. Deux heures plus tard, au prétexte qu'il y avait trop de monde, les gens attendaient un bon quart d'heure, voir une demi heure pour qu'on les invite enfin à rentrer. Pendant ce temps, quelques personnes, importantes on suppose (ça dépend pour qui) désignaient au service d'ordre, comme des roitelets et à la face de tous, ceux qui avaient la priorité d'entrer sans attendre comme les autres. Dans ce cas, après la frustration, on tire la gueule, on se bouscule, on ne se dit plus bonjour et si possible on s'insulte pour se défouler au passage. Faut vraiment être con au dernier degré pour organiser une manifestation dans la manifestation (le carré VIP) et ne pas être foutu de prévoir l'espace ad hoc. Je hais les carrés VIP où je vais trop souvent !
Il parait que les organisateurs de la Gay Pride (la vraie, celle de la rue) n'étaient pas au courant de cette (disons-le) contre-manifestation. C'est un véritable cas d'école de la communauté Gay. Les étudiants vont faire leurs choux gras de cette étude de cas. C'en est bien une, elle est tellement typique !
Vivement le 29 juin 2002, dans la rue, avec des plumes dans le cul s'il le faut, de la musique, de la musique comme on l'aime, des PD et des gouines partout comme on les aime, beaucoup de couleur, du soleil et beaucoup d'envie de s'aimer et de faire la fête (mais alors surtout pas foraine !).

Une anonyme :
Je viens de lire votre article, et avoue également être perplexe face à cette fête foraine (quelle idée...). Bon, ok, à la base, je n'aime pas les manèges. Mais là, j'ai surtout l'impression qu'on récupère l'image des PD et le nom de la Gay Pride pour faire du fric, comme d'hab'. ("oh oui, les PD, ils aiment la fête, ils sont rigolos !! On va leur coller 2 ou 3 manèges et hop ! Le tour est joué ! ") Effectivement, on est bien loin des revendications premières de la gay pride. Séverine, une lesbienne qui passe inaperçue dans la vie quotidienne, mais qui sera dans la rue le 29.


Fiertés LGBT : la marche
Comme les années précédentes, un carré de tête sera formé derrière la banderole ("Égalité ! / la marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi, trans"), avec les responsables associatifs et les personnalités qui soutiennent la Marche et ses revendications. Il est souhaitable que les associations soient visiblement représentées dans ce carré de tête, de manière, dans la mesure du possible à alterner associations et personnalités, et avec un souci de parité femmes/hommes. Indiquez avant lundi 24 juin, les noms de votre (ou vos) représentant(s) (deux au plus par association) dans le carré de tête, ces noms devant figurer dans le dossier de presse de la Marche. Le carré de tête sera formé au départ de la rue de Rennes, par les associations à partir de 13h30 (pendant les interventions sur le podium) rejointes par les autres personnalités à partir de 13h45. Nous vous invitons à porter un signe distinctif de votre association (t-shirt, ...) pour un maximum de visibilité. Encore peu de bénévoles se sont manifestés jusqu'à présent. Si vous ne l'avez pas encore fait, pensez à transmettre à organisation@fiertes-lgbt.org la liste de vos bénévoles avec les postes qu'ils occuperont ; beaucoup ont déjà proposé d'aider à la mise en place des chars le matin, mais les besoins les plus importants sont à partir de 13 heures, aussi bien pour le service d'ordre que pour l'octroi. La LGBT compte sur toutes les associations pour y contribuer, la Marche est un événement collectif qui ne peut réussir sans un véritable engagement collectif nous écrit Rene Lalement. Certes, certes, mais que penser de ce qui suit ?

G.M.C.
Je constate que le Gai Moto Club ne fait pas non plus partie de la composition du podium... Je trouve cela insupportable de ségrégation, de motophobie, de discrimination envers les gais à deux roues.
Nous vous rappelons que malgré nos protestations nous n'avons toujours pas obtenu de rendez-vous auprès de la Mairie de Paris pour pouvoir circuler en liberté et sécurité sur les couloirs de bus. De plus nous sommes l'objet de plus en plus de PV sur nos machines stationnant sur les trottoirs (alors que nous prenons toutes les précautions vis à vis des piétons). Enfin nos interventions pour plus de sécurité : suppression des bandes blanches patinoires, bordures délimitant les chaussées, etc... ne sont toujours pas écoutées à leur juste mesure. Nous avons besoin à nos côtés du soutien massif des associations de l'inter LGBT. Etre sur le podium signe ce soutien. C'est pourquoi nous vous demandons si c'est un oubli et si ce n'est pas un oubli, pourquoi n'y figurons-nous pas? ;o))))
Bruno Heurtel, Président du GMC

A.P.G.L.
Nous venons d'apprendre la composition du podium le jour du défilé de la fierté LGBT. L'APGL n'en fait pas partie. Est-ce un oubli? Nous vous rappelons que malgré la médiatisation de l'homoparentalité, nous n'avons obtenu aucune avancée de la cause que nous défendons. Bien au contraire, la Cour Européenne et le Conseil d'Etat ont cette année donné raison à ceux qui nous discriminent. Que nous sachions, la révision des lois de bioéthique ne met pas à son programme l'accès aux PMA pour les gays et les lesbiennes.. Que l'UNAF ne nous accepte toujours pas malgré l'engagement tardif du gouvernement précédent. Le nouveau ministre de la Famille ne nous laisse pas présager d'un avenir radieux pour les parents et les futurs parents gays et lesbiens. Nous avons besoin à nos côtés du soutien massif des associations de l'inter LGBT. Etre sur le podium signe ce soutien. C'est pourquoi nous vous demandons si c'est un oubli et si ce n'est pas un oubli, pourquoi n'y figurons-nous pas?
Martine Gross, Coprésidente

Et ça continue…
Le Président d’AQUAHOMO, Franck WEENS n’est pas content non plus. Oserai-je dire qu’il y a de quoi ?… "De nouveau, je vous fait part de mon mécontentement pour notre placement dans la marche... 80 sur 84 ! Le CGPIF (fédération de sportifs) : 82 sur 84... Décidemment les Associations Sportives n'ont pas le vent en Poupe (comme les Associations d'Entreprises à la mode)... Quand on voit que des établissements professionnels (gay.com, citegay.com… qui ne sont pas des associations à ce que je sache) sont devant nous dans le cortège, on se demande si l'Inter LGBT soutient la vie associative LGBT ou "l'économie Gay" (qui n'a pas besoin de la Gay Pride pour vivre!) ?" Enfin des propos clairs…

Réponse
"Bonsoir a toutes et à tous. Sur plus de 80 inscrits à la Marche certains sont mécontents. En effet l’impossibilité de mettre l’ensemble des participants sur une seule ligne fait qu’il y’a des premiers et donc des derniers. Ceux qui sont placé en fin de Marche (ce qui à mon sens n’est pas un mauvais emplacement car la densité de public reste constant d’un bout à l’autre de la Marche) (Ca c’est de l’argumentaire ! mais qui n’a rien à voir avec la question…) peuvent être, et c’est compréhensible, dépités. Néanmoins il n’est pas forcement utile de faire des commentaires insidieux pour autant (et pourquoi pas ? Et puis, ce n’est pas insidieux : c’est clair !). D’autant que je tiens à réaffirmer que les emplacements de cette année seront pris en compte pour le placement de l’an prochain. (de suite, ça rassure. Ca me rappelle : mange ton pain blanc aujourd’hui et tu iras au ciel demain).
La répartition des commerces dans la Marche à été dictée par trois raisons :
1) Le faible nombre de ceux-ci : une dizaine sur plus de quatre-vingt cette année, qui rendait dérisoire une partie commerçante. (80 quoi ?)
2) Le besoin de convaincre les commerces que les associations ne leurs sont pas hostiles. (Ca dépend lesquels quand on voit l’usage dévoyé du terme Gay Pride…)
3) Et enfin, de placer avantageusement les partenaires de la Marche. En effet ils n’ont pas besoin de la Marche pour se faire connaître ; (de qui on parle ?) en revanche la Marche de fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans (anciennement Lesbian and gay pride) à besoin d’eux pour se financer (communication et organisation). (C’est un appel du pied ?).
Cette explication faite, il me semble très bon signe le vif intérêt de certains membres du Conseil pour l’organisation de notre Marche. Cela signifie sûrement que, contrairement à cette année, le pôle d’organisation de la Marche 2003 verra le plus large possible investissement de la part des associations… Surtout de celles qui n’ont participé que très peu (ou pas) à l’organisation et qui n’ont convaincu aucun de leurs bénévoles à participer. (Là, c’est un uppercut du gauche ou un direct bien placé ?) Pour finir, il y tous les ans des associations que cela ne semble pas déranger d’avoir des sponsors très visibles, entraînant des confusions entre chars commerciaux et chars associatifs. (Quand on vous dit qu’il y a problème ou incompatibilité entre ces deux entités qui se marient aussi vite qu’elles divorcent). Je suis certain que ceux qui font des sous-entendus n’auront aucun sponsor ! (Et UN direct du droit dans les gencives, UN !)
Pour finir, cette Marche est notre Marche ! (Heu… là, on fini par douter du consensus possible). Le désir, compréhensible, de certaines associations d’être particulièrement visible, ne doit pas nous faire perdre de vue que c’est l’occasion de se montrer groupé autour de revendications communes. (Ca m’évoque les arguments collectiviste d’un autre temps ou d’une LCR qui ne tient pas à ce que ça se disperse). La participation de chaque association renforce l’effet d’ensemble, quand il y a tout le reste de l’année pour ce faire connaître. (Bref, vous nous faites chier… c’est bien ce qu’il faut comprendre, non ?)
Je tiens à présenter mes plus sincères regrets ( ? ? ? ?) à ceux qui sont dans les derniers cette année, ainsi que le plaisir de savoir que l’an prochain ils seront dans les premiers. (Alléluia !)"
Cordialement. Thomas Lamandé, vice-Président de l'Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans

Quant au carré de tête politique, Les MAUVES attendent toujours une réponse. Mais ce n’est pas grave, du moment qu’il y a Roméro, Meynard, Delanoë, Bloche, peut-être Robert Hue et Mamère… et pourquoi pas Philippe Séguin, quelqu’un de la famille Debré ou la Boutin ? Continuons comme ça et bientôt, être différent, sera jugé pire que tout.

Lionel Cagniart.
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