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Edito N°31 du 27 septembre 2002

La social-démocratie, la voie choisie par Les Mauves.
Les Mauves proposent le modèle social démocrate, à la française, une véritable révolution politique, possible et souhaitable, clairement assumée et affirmée, pratiquée non comme une dérive du "vrai socialisme" mais comme un progrès vers cette rencontre des "je-sujets"... Modèle pour toute vie personnelle et relationnelle, elle s'avère son versant social, économique et politique, pour donner toute sa perspective à la cohabitation juste et pacifique de toute organisation de la société où nous vivons.

La social démocratie en question.

A l’échelle de l’Europe, on voit se développer une analyse politique comparative qui ne peut être que fructueuse. Elle se faisait sur ARTE le soir des élections à propos des systèmes culturels allemand (le Bundestag et le Bundesrat, le pouvoir central et les Lânders) et français (le centralisme et le l’accroissement récent du rôle politique les régions, au point que l’on a entendu parler à l’antenne de véritables "métropoles" régionales). Les intervenants allemands soulignaient le mouvement inverse qui se produisait dans les deux pays, contre la tendance longtemps hégémonique dans chacun. On soulignait, pour une fois, l’intérêt pour chaque pays de ce rééquilibrage tant pour son développement intérieur que pour sa politique étrangère et "bruxelloise " en particulier.
Pour ce qui est du système économique, cela fait déjà plusieurs années que, dans l’établissement du projet des Mauves, je cherchais la voie que nous pourrions prendre, le modèle (socio) économique qui serait le plus raisonné, le plus pondéré, le plus efficace à moyen et long terme, celui qui supposerait et engendrerait en même temps une véritable maturité politique : c’est à dire celui qui reposerait d’abord sur la réflexion (et non sur le réflexe), une pensée ouverte, la maîtrise des passions idéologiques et morales, du temps, l’examen critique des composantes, la lucidité, la préférence à donner aux voies pacifiques. Donc le choix sincère et méthodique des négociations,
c’est la socio-démocratie, qui, après de longues recherches historiques et théoriques et d’observations, m’a paru de loin la solution politique préférable.

Bien sûr, ce mode de gouvernement (ou cet idéal politique) est plus ou moins suspect aux yeux de la gauche française et ce pour plusieurs raisons :

1) Il n’est pas dans la tradition française, tout le monde le répète à
satiété. Etranger à la tradition française ? La belle affaire ! Ce serait paradoxal pour le moins ! Tomberait-elle dans la culture de la Tradition ! elle a fait assez de mal et elle continue dans bien des domaines ! (gays, lesbiennes et femmes parmi mille autres sujets) n’avons-nous pas fait la Révolution, et supprimé une royauté séculaire, et qui parut longtemps s’identifier à la nature de la nation pour cette simple raison ? La tradition politique qu’elle soit bourgeoise ou socialiste (sous les formes pratiquées ou revendiquées en France) a toujours eu une origine, un commencement. Un ou des créateurs de génie très rarement, mais des personnaités fortes, douées d'une hauteur de vue, et à long terme. Et de toute façon, une tradition n’est pas une valeur en soi ; en ce sens l’esclavage, le viol, l’exploitation des petits par les gros, l’excision, le privilège des mâles, et de mauvaises habitudes alimentaires ou vestimentaires (le maillot contraignant, source de malformations pour les bébés qu’a tant combattu Rousseau).
Si l’homme est plus grand que le citoyen c’est qu’il est capable d’avoir un regard critique sur son héritage culturel et sur toutes les contraintes qui pèsent sur lui pour savoir, s’il les accepte, pourquoi il le fait, quel avantage ou quel dommage il en tire, non seulement pour lui, mais pour la communauté.

2) Cela manquerait de gueule ! de panache politique s’entend; d’un côté la Révolution française, de l’autre la Révolution russe ! d’un troisième, la Révolution Permanente ! Quel prestige, quel élan, quel sacré nettoyage ! Du passé faisons table rase ! Ca c’est enivrant, entraînant. Et c’est parfois nécessaire dans les cas extrêmes.
L’histoire socialiste de notre pays est plus marquée et nourrie par la notion de conflit, d’affrontement de "lutte des classes" ou d’autres formes de violence comme la domination des classes riches sur les classes laborieuses ; qui contient une certaine dynamique mais alimente aussi rancune, goût de vengeance, l’idée de " faire payer " les nantis, cette joie qui sous-entend revanche, le "on ne va pas leur faire de cadeau". Qu’elle soit "pensée en termes théoriques" la dictature du prolétariat même si elle est abandonnée aujourd’hui, ne l’a pas été avec des explications suffisantes pour que la sincérité du propos, sur ce point, puisse être vraiment crédible. D’ailleurs l’extrême gauche la chuchote. Et au PC on est mal à l’aise et on flotte ; que reste-t-il de nos amours ?

La social démocratie, (le mot est né en 1848), elle peut parfaitement être intégrée à notre culture et c’est cette intégration à laquelle je crois qu’il faut travailler.
Nous sommes loin de toute façon de croire assez naïvement aux analyses objectives ni aux prévisions risquées sur l’évolution inéluctable d’une situation sociale donnée vers la révolution. Cette pseudo scientificité a fait long feu, elle a donné lieu d’ailleurs comme toute analyse théorique politique idéologique autant qu’économique à des divergences des oppositions dogmatiques, voire des éliminations de personnes (Trotsky) "La politique française répugne au prosaïsme, elle préfère l’universel", a-t-on écrit ? eh ! bien on peut changer ! Je crois pour ma part qu’il serait plus sensé plus raisonné, plus fructueux plus " sage ", de participer au développement d’une culture de la modération volontaire, (en empruntant simultanément la voie d'une information approfondie, précise, claire qui ne se limite pas à ces querelles télévisées dont les Français sont si friands et où parfois les voix superposées ne sont plus audibles. L’émission des journalistes et politiques allemands ces derniers soirs était une rude leçon de véritable réflexion ; C’est peut-être par là que dans les classes des lycées on devrait commencer. Apprendre à débattre non pour briller et écraser l’adversaire ou le prendre en faute mais en écoutant et en avançant pas à pas.
Nous avons la volonté de mettre en pratique ce changement radical dans le ton, l’écoute, à propos des grands débats de la société franco-française et internationale et de réfléchir aux plus justes choix : les sujets ne manquent pas, et nous les aborderons dans les prochians éditos ou articles. Mais nous aborderons aussi les prétendus obstacles à la possibilité d’une sociodémocratie à la française dont les conditions ne seraient pas réunies.

Geneviève Pastre
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