|
|
Les Mauves ->
Edito
Edito N°35 du 10 décembre 2002
Archives gay, éducation et laïcité
Pendant ce mois de novembre chargés en événements, les Mauves ne sont pas restés inactifs ni muets ni absents (ni inactives ni muettes ni absentes, c’est peut-être nécessaire de le préciser en cette période de rage toute parisienne autour de la mixité et de l’équilibre gai /lesbien contre le projet J Le Bitoux et C.Miles d’un centre d’archives parisiennes.
Mais le temps est court et il faut qu’un jeune parti comme le nôtre qui a une vision précise de la société et de l’être humain et une ambition politique claire, loin des clans et des rivalités de personnes qui gauchissent bien des projets, aille à l’essentiel et construise d’une façon concrète son programme en fonction de sa philosophie
Les événements de tous ordres, de toute origine, tels qu’ils pleuvent sur nous exigent de nous une double réponse, à la fois de fond et actuelle. Nous n’avons pas à rivaliser avec les partis existants ou les faussement nouveaux partis, qui ne sont que des avatars et remoutures des anciens. On nous dira que quantitativement nous ne pesons rien dans la balance, mais nous sommes riches d’avenir, indépendants, autonomes et libres de nos pensées et de nos paroles.
A un ami qui lui demandait quelle qualité lui paraissait la plus importante, Natalie Barney répondit un jour: le discernement.
Les hommes et femmes politiques, mais aussi ceux qui tournent autour à épier leurs fautes, et y prennent une joie perverse (mais la perversité est du dernier chic, même si le peuple n’y comprend pas grand chose et attend plutôt des propositions justes et honnêtes pour vivre mieux) pour les faire tomber, feraient bien de suivre ce conseil
Nous avons examiné déjà de nombreux sujets et nous renvoyons les lecteurs du site à ces textes fondamentaux qui se trouvent dans les éditos ou dans des éléments déjà écrits de notre programme.
Pour aujourd’hui voici quelques précisions. Et quelques compléments.
L’EDUCATION non, nous n’étions pas à brandir des banderoles hier (les années passées nous avons fait d’assez nombreuses manifestations, y compris la Marche (qui se prend pour celle du siècle, la marche gaie, alors qu’elle se coule trop dans le sens du vent au pouvoir, pour dire les choses autrement : trop manifestement tacticienne, à notre sens) . Il ne suffit pas non plus d’être là physiquement dans le froid et le vent, romantiquement et spectaculairement, mais nous avons des idées. Mais si ces rassemblements sont importants parce qu’ils font impression, et font se rencontrer des gens, s’ils montrent une force potentielle, un gouvernement peut passer brutalement outre, l’histoire arrivée aux routiers montre qu’il est capable d’employer la manière forte et n’en fait qu’à sa tête- qui semble plutôt dure.
Ils peuvent annoncer une révolution, faire reculer momentanément le pouvoir, mais j’ai trop l’expérience des nous préférons le travail de fond, que des députés porteront à l’Assemblée.
Oui, le collège unique est un beau rêve, mais un rêve abstrait, mal conçu, qui ne colle pas avec la réalité pas seulement sociale mais humaine. Quelle idée avons -nous de l’être humain ?
C’est un être de création et de jugement, un être de chair et d’esprit. SI nous défendons l’enseignement des sexualités à l’école, comme valeurs « désirables »,(pour reprendre le mot de Foucault dans un Gay Pied), si nous réhabilitons le corps et ses plaisirs dans leurs diversités, dans un même mouvement nous pensons que le contact avec la matière est capital, que l’apprentissage d’une métier manuel – lié bien sûr à un apprentissage général des idées- est capital et a sa noblesse. Les lycées pilotes d’il y a plus de 50 ans (par exemple celui de Montgeron) pratiquaient l’égalité entre les sections techniques et les sections « intellectuelles » . Sous une autre forme nous défendons globalement le projet Mélanchon.
Mais il ne peut avoir de sens qu’à une condition : que cesse le snobisme insupportable des jeunes eux-mêmes (donc des familles, qui poussent leurs fils et leurs filles dans le mépris des techniques ). Comme me l’a dit un jour, en colère un élève de section technique, « Vous, madame ; vous nous considérez comme des égaux, des êtres humains, mais les élèves de C ou de S nous considèrent, eux, comme des bêtes. Toute l’éducation est à revoir sur ce plan des valeurs et de leur prétendue hiérarchie. L’esprit de caste (à l’égard des femmes, des classes sociales « inférieures » de certains peuples), reste un fléau. La meilleure manière de le faire reculer était certainement cette cohabitation dans un même espace. Mais pourquoi ne pas oser sous forme de campus la coexistence des « sections techniques et des autres ? il suffit de le vouloir.
LA LAICITE : j’ai écrit ici même que la laïcité n’est pas seulement une attitude nécessaire à toute politique, mais que les valeurs agnostiques sont à prendre elles-mêmes en considération, comme un choix possible, plein de modestie, mais aussi de source incontestable de progrès pour l’esprit humain individuel, et pour toute vie en société. Tolérance, respect, esprit critique, recherche de valeurs contingentes sans doute, celles qui sont le propre de l’homme.
Or actuellement se développe un attrait, une mode, détestables et insidieux. La sur-valorisation du religieux par rapport à l’agnosticisme, dans une échelle de valeurs totalement arbitraire. La volonté de puissance des Eglises, des confessions sauf exception est sans limites et les rapprochements actuels entre eux ne me dit rien qui vaille, derrière ces collusions se cachent à peine, outre la volonté de conquérir le monde par tous les moyens, des points de vue et des intérêts indéfendables. Il y a là une belle hypocrisie, une imposture, un cynisme qui abuse le peuple. A peine, mais la peur ou l’intérêt immédiat le met à la raison.
Au risque de faire hurler, je citerai la réflexion d’un voyageur du 18°siècle, Jean Potocki qui « note l’hypocrisie du voile chez les femmes imposé plus par la jalousie des hommes que par la religion ». Qui oserait aujourd’hui faire une pareille supposition, sans risquer l’accusation de blasphème. On a des nombreux exemples de cette perversion de la pensée. Car il est permis de penser que l’Occidental, de civilisation chrétienne même laicisée, est complice en fait, parfaitement à l’aise par exemple avec la vulgate de la femme-objet du point de vue sexuel ou avec le droit absolu au travail donc à l’indépendance, l’inégalité séculaire des salaires, avec l’impossibilité pour la femme d’accéder à la prêtrise, avec l’inapplication insolente de la fameux « parité », l’éloge de « la femme de » (des hommes politiques), le dernier avatar de l’antiféminisme rampant et l’acceptation de la polygamie et de la castration qu’est l’excision,(sinon en France où la loi l’interdit mais ailleurs ; qui ose parler de leurs effets sans l’épidémie du sida. Un homme politique ou un politologue ne reconnaissait-il pas à la télé que « les raisons économiques sont bien plus impératives que les droits de l’homme dans les rapports internationaux » ; sans parler, dans la plupart des pays, de l’hypocrisie à l’égard de l’homosexualité masculine (et féminine), qui mine de l’intérieur les efforts des groupes internationaux pour lutter contre les privilèges indus de l’hétérosexualité ; dernière version de l’intégration : celle de l’intérêt économique, dans notre monde libéral, les homosexuels ne sont-ils pas acceptés parce que consommateurs potentiels ! !
La platitude sinon la flagornerie à l’égard des religions cachent des intérêts sordides, des tartufferies camouflés en grands principes de tolérance. Je maintiens que le voile doit être une manière de se coiffer et de se vêtir individuelle sans autre signification d que la commodité ou l’élégance, et non pas un signe politico-religieux Et le signe de la dépendance qui siérait aux femmes. Pourquoi toutes les femmes et les hommes ne se mettraient-ils pas, un temps, à le porter pour le rendre invisible ?
Enfin exemples choisis dans la masse confuse actuelle qui fait éclater les problèmes en ordre dispersé pour brouiller les esprits . La fameuse DECENTRALISATION ressortie du chapeau de la droite, qui est comme la langue d’Esope la meilleure et la pire des choses, qui dépend à la fois de l’histoire des pays, volontés des régions, mais qui cache la volonté d’affaiblir en le trompant le citoyen lambda, en présentant les problèmes et leurs solutions un par un LA SECURITE, LA Question de SANGATTE, les SDF, les RETRAITES, LE SERVICE PUBLIC.
Quelles sont les véritables intentions des gouvernants. Faites–moi confiance, dit Raffarin, quel bon conseil ! nous prend-il pour des nigauds, nous n’avons pas donné carte blanche à un exécutif, au nom de quoi lui ferions-nous confiance, qu’il montre le dessous des cartes ou qu’il sorte celles qu’il cache dans sa manche. Il y a là une faiblesse constitutionnelle : Un gouvernement responsable devant le Parlement. Régime présidentiel ou parlementaire ?
En tout cas une vraie réflexion politique de la même qualité pour tous et toutes et pas cette course aux futures candidatures, qui ne mènent qu’à la démagogie et déboussole dévitalise et avilit le peuple. Mais c’est bientôt Noël, n’est-ce pas ?
Hervé Hirigoyen s’est présenté en tant qu’homosexuel (Mauves) aux prudhommales à Toulouse. la politique, c’est la réflexion, le terrain, la confrontation avec les autres à égalité de statut et la volonté du pouvoir faire.
Geneviève Pastre
Réagir.
|
|
|