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EDITO N°36 du 16 décembre 2002

LE VEAU SOUS LA MERE l'Europe
Quoi de plus simple, pas seulement sous l’angle bucolique, mais sur le plan du respect de la vie. Il est vrai que depuis les poules en batterie, les vaches enfermées à l’étable à l’année, il y a belle lurette qu’on est sortis des jeux de Marie-Antoinette (avant d’être décapitée selon les règles de l’art), et de l’acceptation tacite de la plutôt horrible, quoique programmée techniquement selon les règlements de Paris ou de BRX (Bruxelles), mort des animaux non domestiques, mais comestibles.

On va crier que les Mauves se veulent des écolos, mangent à tous les râteliers et ôtent le pain de la bouche aux Verts, dont c’est l’idéal, la finalité ou pour d’autres un élément important apporté à leur fonds de commerce. Sauvons les loups qui mangent les brebis et n’apprenons plus la Fontaine aux enfants comme l’avaient décidé les auteurs communistes d’une anthologie poétique célèbre du milieu du XX°siècle.
Qu’on soit omnivore, c’est une dure et cruelle réalité, mais c’est comme ça et qu’on soit végétalien ou végétarien, n’empêche que, à moins de manger des cailloux, on mange du vivant. On n’y coupe pas. Belle leçon de modestie de constater que sur le plan physique nous avons quand même un destin d’espèce.
On y met peut-être des gants, on essaie d’aménager ou de ménager la chèvre et le chou ; sans doute la petite paysanne n’apprend plus à énucléer le lapin ni à le dépecer accroché à une branche d’arbre,
On n’entend plus dans les campagnes les hurlements du cochon qu’on égorge dans le jardin du boucher de l’autre côté du mur du jardin. Encore que des préceptes religieux l’emportent parfois sur des considération de pitié (au sens ancien) et parfois (hypocritement dira-t-on) interdisent de « manger l’agneau dans le lait de sa mère ». Mais est-il sûr que des rites archaïques (ce qui ne les justifie pas ni ne les rend respectables humanisent de telles pratiques ?
Mais, tout de même ! ça fait un drôle d’effet de voir que, si BRX (Bruxelles) interdit « le veau sous la mère. », il le fasse pour des questions économiques, purement financières, pour aligner la France sur les autres pays qui ne le font plus depuis longtemps et obtenir des prix conformes aux règlements ; cela donne un peu le haut-le-coeur. L’expression est brutale ? La chose encore plus !
La télé montrait une image vieille comme le monde : le veau cherchant le pis de la vache et tétant goulûment et sur une autre image des veaux muselés dans des espaces semblables à des caissons et l’air vaguement affolés. Si nous bouffons de la viande à l’adrénaline, la faute n’en revient qu’à nous.
Sur le Larzac, et les petits causses annexes, j’ai vu, chez des cousins, les brebis paître en liberté, avec tout l’espace qu’elles voulaient et que l’armée aurait bien pris pour la transformer en terrain de tir. Ah ! que c’est beau ! non, allait chercher le vétérinaire quand la vache vêlait, mais pour la femme en couches, c’était la mère qui tirait sur le placenta. parce que la vache représentait de l’argent, mais la femme, non, on en prenait une autre et l’on continuait.
Dans le même ordre d’idée perverse et malsaine, la même logique sociale des entreprises ; c’est tout leur intérêt. On a même fait des progrès, on a inventé le concept des « ressources humaines ». Puis dans la période des dix dernières glorieuses (des dix honteuses, auxquelles même les partis de gauche ont cédé) le tout libéral mondial, sous certaines pressions, mais sans sortir de cette logique, on a inventé une morale sociale des entreprises, Autrement dit ce serait l’intérêt économique même de l’entreprise de ne pas tuer la poule aux œufs d’or, soit l’employé l’ouvrier, le technicien, le cadre moyen ; le bel humanisme que voilà ! les soigner coûte cher, alors autant les ménager. Et encore ce raisonnement n’est valable qu’en raison de l’existence des lois sociales imposées par des gouvernements au service du peuple . celui que nous avons ne nous inspire guère confiance ; on a parlé de baisser les aides aux personnes âgées dépendantes ; quelle valeur marchande ont-elles en effet ?
L’hégémonie commerciale et financière digère tout, même l’être humain et cette métaphore si simple, universelle le veau sous la mère. Je sais très bien qu’on va m dire que je donne dans le pathos, j’entends d’avance ce reproche et bien je persiste et signe pour la dignité des êtres humains qui est, elle, sans prix.

À partir de là je finirai par deux réflexions :
La manie de l’étalonnage a des limites :
BRX a aussi mesuré les tailles des lits, oui, il y a des normes à respecter et les grands n’ont qu’à se recroqueviller, ou passer les jambes par-dessus bord ou à travers les barreaux du lit s’il en a encore. On pourrait faire une liste à la Prévert
BRX est vraiment paternel pour tous, il prévoit l’harmonisation à tous les niveaux.
Qu’en sera-t-il des traditions ou des innovations sexuelles, culturelles ? on voit bien qu’il faut des valeurs ? et les droits de l’homme (version faible de notre conception de l’être humain, à nous les Mauves) mais socle historique et philosophique du XVIIIème siècle, indiscutable mais à partir duquel il faut travailler tant sur le plan philosophique que sur es conséquences concrètes, juridiques et légales, pour les améliorer. Nous courons un grand danger, si nous ne sommes pas non seulement vigilants mais actifs,( masculin féminin et tutti quanti), deux dangers, l’un vient du retour du religieux de ses impératifs irrationnels, injustifiés insidieux et arrogants voire menaçants, l’autre l’impératif du profit, de l’économie, reine de ce monde, sous quelque forme dogmatique, politique, scientifique (qui peut écraser l’être humain pour des motifs idéologiques), ou très crue, mais qui s’est prétendue scientifique aussi, la loi du marché à tout va, Qui exclut à tour de bras des milliers et des milliers de travailleurs (on a assez moqué Arlette Laguillier pour que je reprenne volontairement son vocabulaire (sinon ses théories bien sûr), et accroît d’une façon insensée et insupportable les inégalités.
Au veau d’or, je préfère de loin le veau sous la mère

Alors l’Europe ? on en repousse toujours plus loin le développement social et culturel.
Il faut une idée sociale,
Il faut que les cultures n’accentuent pas les inégalités
Nous avons dit :
« C’est un tout que l’être humain et ce tout est indivisible »
C’est un danger pressant, il faut s’atteler à la besogne. C’est au niveau politique que les grandes décisions se prennent ou que les grandes lâchetés sont commises. Il faut penser juste et vite. Rejoignez-nous.
La presse dédaigne de relayer nos idées, nous avons le net, transmettez notre site à tous ceux et celles qui sont d’accord avec nous ;

Geneviève Pastre
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