Les Mauves ->
Edito
Edito N° 37 du 23 décembre 2002
QUESTIONS SUR LES RAPPOTRTS ENTRE LES PARTIS. Mode d’emploi
Sur quoi le Monde du 22 12 se fonde-t-il pour employer le terme « amusé » en vue de qualifier le regard de la Ligue Communiste Révolutionnaire (en toutes lettres s’il vous plaît) devant l’intention supposée des Verts de créer leur « extrême gauche » ? Pourquoi Krivine est-il présenté comme « plaisantant » sur cette prétention? ...
QUESTIONS SUR LES RAPPOTRTS ENTRE LES PARTIS. Mode d’emploi
Sur quoi le Monde du 22 12 se fonde-t-il pour employer le terme « amusé » en vue de qualifier le regard de la Ligue Communiste Révolutionnaire (en toutes lettres s’il vous plaît) devant l’intention supposée des Verts de créer leur « extrême gauche » ? Pourquoi Krivine est-il présenté comme « plaisantant » sur cette prétention? Est-ce une interprétation de journaliste, le ton d’un coup de fil, des impressions d’une interview ?
Sur ce plan-là, nous, les Mauves, nous avons reçu le baptême du feu –de la part de certains militants socialistes, en particulier,d ’abord silencieux, archi muets, puis agacés, énervés, presque violents, hier devenus moqueurs, aujourd’hui dubitatifs devant notre persistance à refuser de rentrer dans le rang et à penser la politique (philosophie-stratégie et tactiques) par nous-mêmes et non par eux
En politique, pour abattre un adversaire, on a tout vu ou presque, (l’imagination des hommes est telle qu’on reste confondus de tant de techniques, directes ou retorses, destinées à faire vider les étriers à l’adversaire le plus convaincu et le plus déterminé. L’Histoire fourmille des méthodes les plus diverses ; on a vu les attaques ad hominem, la violence directe ou les procès de corruption, allant du cadeau d’une paire de chaussures, à des voyages payés en espèces ou des frais de bouche, combats féroces de fauves acculés et affamés. Il fut un temps où on emprisonnait, empoisonnait, mutilait, assassinait, crimes déguisés avec procès ou sans procès, ou en suicide, on envoyait au « goulag », ( n’importe lequel, goulag n’est ici qu’un générique), on pratiquait toute une cohorte d’actes vils ou criminels pour évincer un (des) concurrent(s) gênants.
Nous voilà bien loin du véritable affrontement d’idées en vue du bien public, pour comparer leur justesse, leur efficacité, et en proposer au peuple les avantages et les inconvénients, afin qu’il puisse choisir. Dénigrer les idées de l’autre, en restant sur le plan des valeurs, c’est très intéressant, fort utile, même nécessaire. Ainsi la pêche aux canards, dans la Somme, ou les conditions d’un lienciement, le mode de nomination des magistrats du Parquet, le mode de scrutin aux différentes élections, la place des religions dans une république, le vote local des immigrés, peuvent –ils être, même à une échelle bien différente, être l’objet de débats, à condition de les replacer dans des optiques différentes, comme c’est le propre des différents partis. La presse a évidemment un rôle important, capital, à jouer ; mais il me semble que les partis ont un devoir éthique, celui de jouer à visage découvert, et de présenter leurs cartes au lieu de chercher et de dénoncer à cor et à cris les fautes de l’ennemi en s’attribuant, à soi tout seul, toute la pureté.
Mais accuser l’autre, l’adversaire, de nous piquer des idées, c’est tout de même pas piqué des verts ! d’abord le dénigrement de l’adversaire est-il le corollaire juste et inévitable, nécessaire et suffisant de l’affirmation et de la justification de ses propres idées ?
Le bon sens (mais il n’y a pas de bon sens là dedans, les initiés doivent éclater de rire) pousserait à dire : tant mieux ! ! nos idées sont donc si bonnes qu’elles tentent les autres, qu’ils se les approprient ! la justice sociale, l’égalité, la répartition des richesses, le travail pour tous et toutes, le service public etc etc
Sur le plan politique, la question qui se pose est bien plus grave. A-t-on le droit de piquer des idées à d’autres partis ? qu’est-ce qui est premier de l’oeuf ou de la poule ?mieux encore qui pense être la poule eu l’œuf à la fois ; qu’est ce qui est prioritaire, la fidélité au parti à tout prix, ou la concrétisation des idées bonnes ? Là encore le bon sens répondra, c’est la mise en oeuvre concrète !
N’est-ce pas comique de voir des défenseurs de l’abolition de la propriété privée se mettre en contradiction avec leurs propres principes ? Krivine ne devrait-il pas se réJouir qu’enfin des Verts soient gagnés à son analyse politique, soient convaincus et que, fatigués par les ambiguités de la gauche plurielle (qui fut somme toute , dans une analyse rapide, une tentative utile mais inachevée, imparfaite d’une coalition -au sens historique social-démocrate), ils poussent à la roue, avec toutes les bonnes volontés, le char plus qu’embourbé, de l’Etat, vers un radicalisme sans compromis.,aui régelraitles questions grave d’un coup (même avec des étapes prévues).
Ce serait logique, n’est-ce pas ? Mais ce serait compter sans les raisonnements de type totalement différents, à plusieurs niveaux , de l’analyse marxiste et qui échappent au citoyen lambda. On comprend bien que les partis bourgeois (pour employer l’expression allemande qui a le mérite de la clarté, sont clairs eux, ils défendent la propriété privée, le marché et ses règles, l’ordre, la famille, la religion (quelle qu’elle soit), ça calme les envies, colères, sentiments d’impuissance des gens et ça empêche les soulèvements, les révoltes et pire) ; s’ils se chamaillent ,c’est pour des rivalités de personnes, « que le meilleur gagne » et tant pis, il y a toujours des déchets et des ratés, ça devrait relever de la charité publique (ce n’est qu’un lapsus, ici, publique veut évidemment dire privé : fondations, associations religieuses ou laïques etc). C’est clair
Les partis marxisants emploient d’autres formes de raisonnements qui sont jugés licites s’ils aboutissent au résultat final, c’est ce qu’on avait toujours appelé avant eux en langage vulgaire « la fin justifie les moyens ». A présent c’est devenu un principe scientifique et méthodiquement employé. Il y a une élite (le plus souvent d’origine bourgeoise) qui éclaire le peuple à qui sauf exceptions une vision claire et simple de la stratégie et des tactiques peut suffire. Il y a une nécessité absolue de discipline du parti, ce n’est pas sans faire penser à la phalange macédonienne, en carré, qui avançait d’un bloc. Il n’est donc pas question de prendre des initiatives sans y être autorisé.
Donc, au lieu de se réjouir de la progression des idées dans un autre parti, on ne doit le juger qu’en fonction de l’utilité de ce changement vers un but précis et en suivant des modes d’analyse et une praxis très élaborée et fixée : le dépérissement de l’Etat, la fin de la bourgeoisie, la révolution, la dictature du prolétariat etc etc. et en fonction de son opportunité (est-ce bien le moment, n’est-ce pas le moment ?) et qui en jugera ? pas le militant lambda, bien sûr, ni celui qui est en dehors de la phalange, mais les maîtres à penser qui font autorité et tranchent. Les autres n’ont pas la légitimité. Ils usurpent un droit ,celui à la Révolution (la bonne) ;
La moquerie dans ce cas n’est qu’une tactique employée pour dévaloriser l’adversaire, le ridiculiser aux yeux des passants de bonne foi et qui seraient tentés par l’aventure. Ce n’est pas qu’un réflexe d’intellectuels assez orgueilleux de maîtriser une science complexe devant un ignorant (comme un mathématicien devant un public profane). C’est une attitude tactique la moquerie, pas psychologique, mais politique.
Quant à l’argument de Krivine que « l’écologie comme le feminisme , c’est une dimension politique mais pas une identité d’un parti » ,ce n’est pas un argument bien convaincant ! Outre le fait qu’il se garde bien d’en rajouter en citant l’homosexualité, sujet éminemment sensible actuellement, tout le monde compte les voix, et l’Histoire ne leur étant guère favorable su ce point qu’on se rappelle le FHAR et sa longue suite, il vaut mieux éviter le sujet même si on se montre en tête du cortège de la LGBT(o ne sait plus comment le nommer cette mainfestation-là, on se fera toujours taper sur les doigts), outre ce fait, (mon correcteur indiquera une phrase trop longue, j’adore ça et je trouve la machine bien bête et bien dogmatique et si j’ai envie de parler comme Cicéron, qui sait c’lui-là ?), on peut se poser une question plus centrale :
Qui en décide de cette légitimité ou de cette pertinence? sinon l’adversaire qui a décidé en même temps de la définition du politique ! ! ou qui l’a reçu comme un credo d’un maître à penser, en tout cas seuls ceux qui ont « la maturité politique » seront à même de voir sous la surface, auront la clairvoyance ! si l’on est rompu à ces techniques d’analyse politique, on peut juger d’une rpise de position politique qu’elle est postrévolutionnaire ou non ; les autres n’y comprendront goutte. D’où la double attaque : l’ironie et le déni à l’existence politique d’un nouveau partI, frère mais de quel droit ?
Marx a opéré,il y a déjaàlongtemps, une révolution de la pensée ,incluant l’économie dans le politique et ce fut un saut considérable ? que les Verts le tentent, à leur tour, pourquoi pas ?qui ne se réjouirait qu’un groupe poltiique élargisse son champ d’action ?
Mais nous les Mauves, avons fait d’emblée le deuxième bond, copernicien celui-là ; nous sommes revenu/es au cœur, au foyer central, à l’être humain, au durchmensch, à l’homme transversal, dans toutes ses dimensions à explorer et à vivre, en y incluant pleinement les sexualités (et non ces misérables tentatives qui n’en sont que des caricatures, comme la double photo(libé du 21 12) féminin/masculin pour nier la différence des sexes et mieux masquer le bouleversement que représenter la reconnaissance comme richesse heureuse et diverse l’apparition des sexualités, chacune ayant sa place entière et irremplaçable ; Il ne s’agit pas d’une pirouette, d’un tour de passe -passe pour escamoter la réalité désagréable de la relation dominante/ dominé de l’homme sur la femme. Je suis une femme dit l’homme couché regardez mieux, comme je suis doux tendre et à croquer et pas du tout agressif,. Approchez, approchez…
Pour l’introduction des sexualités en politique, c’est nous qui avons fait cet autre bond considérable, (cf article de Jacques Ars dans la rubrique ) , non comme une particularité mais en les inscrivant dans une redéfinition de l’être humain dans son projet propre face à lui-même, aux autres, dans les sociétés, dans le monde.
Il ne suffit pas de conjurations pseudo- scientifiques c’est-à-dire magiques pour rendre notre projet inutile, inopérant, inexistant ; un esprit libre et indépendant peut justement avoir l’œil attiré par ce raisonnement et cette affirmation., et aller y voir de plus près.
Le silence (l’omission). Les Jésuites avaient bien fait de répertorier le mensonge par omission) est le plus pernicieux des dénigrements, car il n’offre pas de prise même indirecte. C’est à un autre degré que se situe la tentative de meurtre (social et politique), faire comme si on n’existait pas. Ne pas en parler, censure non officielle, et tenace mais qui a ses limites.
Attention ! à malins, malins et demi. Beaucoup de partis prennent les gens pour des imbéciles. Mais il arrive que comme pour la publicité, l’effet soit le contraire de celui qui est recherché. À prétendre représenter le seul bon produit, la lassitude, le doute s’installent, puis naît la curiosité, on va voir ailleurs derrière cette masse de gens fort connus et fort importants ; quels sont ces visages inconnus qu’on nous cache ? pourquoi nous les cache-t-on ? qu’est ce qu’ils ont à proposer qui fait si peur à leurs rivaux et que peuvent être ces Mauves ?J ugeons par nous-mêmes. C’est ce que nous souhaitons, que les gens fassent un pas libre, un seul, et qu’ils réfléchissent par eux-mêmes. S’ils ne font que cela, l’esprit mis en branle, peut-être un jour nous croiserons-nous nous rencontrerons-nous, une pensée féconde ne saurait être perdue. Une pensée libre, c’est un pas indispensable vers la liberté concrète, agissante et créatrice.
Geneviève Pastre
Réagir.
|