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Edito N° 39 du 5 janvier 2003

« J’AIME PAS LA CULTURE ! »
Moi, non plus ; quand j’ai vu cette émission d’hier soir (le 3 01), mon sang n’a fait qu’un tour. « Le grand concours des enfants » ? bravo ! ce n’est pas grotesque, c’est affreux, c‘est de l’anti-culture (et pas de la contre-culture, attention) c’est destructeur et dégradant.

« J’AIME PAS LA CULTURE ! »
Moi, non plus ; quand j’ai vu cette émission d’hier soir (le 3 01), mon sang n’a fait qu’un tour. « Le grand concours des enfants » ? Bravo ! Ce n’est pas grotesque, c’est affreux, c'est de l’anti-culture (et pas de la contre-culture, attention) c’est destructeur et dégradant.

Des enfants mimant les adultes dans leurs minables concours télévisés, c’est à hurler de vulgarité, c’est obscène (un sexe de plus ou de moins, on en a tellement vue, qu ‘on n’y fait même plus attention, les mâles aiment ça tant mieux pour eux, et c’est toujours la même chose, ça pousse au moins les filles à réfléchir avant de s’y risquer, elles ne risquent pas à notre époque « d’être élevées comme des saintes, puis livrées comme des pouliches). Il n’y a même à réfléchir avant de parler, c’est même fortement déconseillé, vous seriez disqualifiée. Vite vite, plus vite on dirait que c’est de la culture à la sauvette C’est ce qu’il y a de pire. Certains enfants avaient l’air décontenancés, c’était les meilleurs. Mais que pensent les parents de les avoir envoyés là ! Le vieux dicton : « la culture, c’est qui reste quand on a tout oublié » dépasse de mille coudées la cervelle de moineau des producteurs ; et quand je dis moineau, je suis généreuse.
Ce concours ne porte que sur la mémoire des noms, des faits pointus, des dates, isolés de tout contexte, privés de tout commentaire, de toute analyse de tout jugement., Et on l’a vu il faut aller vite, le temps c’est de l’argent. Il faut aller vite. Dans les années 85, j’étais en classe avec mes élèves, on frappe à la porte, un garçon entre essoufflé et me demande à brûle pourpoint : « quelle est la ville où le héros de (un roman quelconque) a été vu par son rival? »
Je reste sans voix et je finis par lui dire. Mais qui vous envoie ? c’est Monsieur X (un collègue épris de ces jeux à la mode, répondre tout de suite vite fait bien fait et au suivant, la culture par le jeu après le latin par la joie ! » je lui réponds, je ne suis pas un dictionnaire ! allez en bibliothèque, et cherchez vous même ».
Bien sûr que la culture relève du politique au sens noble du terme.1° il faut que les programmes réhabilitent la littérature et l’art, les arts, la philosophie, l’histoire (celle des mœurs pour reprendre le titre de Voltaire)et en général une histoire critique ; que les acquis soient digérés, par celui qui apprend, et non prédigérés par le maître.
2° car il faut aussi repenser totalement la finalité de cette étude et les méthodes, en vue de former un être humain capable de penser par lui-même ,et penser juste
La vitesse n’a rien à voir avec la culture : il faut du temps, il faut prendre le temps d’aller vers, de désirer lire ceci ou cela, laisser y revenir, il faut que les choses mûrissent qu’elles fassent éclore des associations avec d’autres, des réflexions sur l’homme la vie la société le rêve l’imaginaire la beauté la gravité des choses et des situations leur tragique et leur comique.
Il y a tout un art d’enseigner : comme disait, à peu près Montaigne : il faut laisser trotter l’élève, librement, et la plus grande qualité est n’est pas de gagner du temps mais d’en perdre.
Mais la culture ça coûte cher, ça comporte des risques pour la paix de l’Etat, le monde des alpha dans « Le Meilleur des Mondes » est voué à son autodestruction.
Je comprends que « la culture « comprise comme ça leur déplaise, aux jeunes. Ce n’est de toute façon pas la « culture « qui est utile dans la vie, indispensable même, mais d’apprendre comment les gens vivent, s’expriment, résolvent leurs problèmes comprennent ceux des autres, quelles voies ils prennent, pourquoi, comment ils racontent, quels mots, quelles formes, quelles matières, quelles couleurs, quels sons ils utilisent et quelle transmutation opèrent l’art et la littérature. Quelles erreurs ils commettent, comment ils peuvent créer de la beauté. « j’ai pris ta boue disait Baudelaire de Paris, et j’en ai fait de l’or » et il faut les inviter à la créer eux-mêmes. C’est capital et ce n’est pas en supprimant des subventions à de bons théâtres par exemple qu’on fera bouger les choses.
L’éducation et l’accès à la création relèvent du service public sans guillemets, c’est par eux que les êtres s’élèvent au dessus du misérable quotidien, apprennent à le comprendre et à le maîtriser, à le modifier. Qu’importe si l’on se trompe de nom ou même de siècle (c’est souvent de l’ordre du lapsus), tout cela se met en place en douceur, à des niveaux multiples et par des passerelles de plus en plus complexes au fur et à mesure qu’on pénètre dans ces domaines du vrai et du beau. Et pas une réponse de perroquet abruti.
Même dans d’autres matières, « scientifiques », il est bon qu’il y ait une petite distance, une question pourquoi un et un font deux et pourquoi il y a des cas où un et un font un.
Pourquoi il est sot. Pourquoi l’impératif des verbes du premier groupe ne prend pas de s (Rappelle-toi, Barbara ), des autres si (descends vite) ; ce n’est pas absolu c’est le résultat d’une évolution de la langue française ? ça prend cinq minutes. L’esprit des (et des gens) est prêt à comprendre ces réseaux, il voit les mots en perspective,
Pauvres gosses !(1)

« Une revue médicale récuse l’impuissance féminine » après le point G, et son bide, il fallait bien inventer quelque chose pour persuader ceux qui en doutent que la coït est la seule façon de marcher, et de recommencer ! si tous admettaient enfin sans plus de tergiversations ce qui se sait mais que presque personne ne dit tout haut et que ce sont les « bagatelles de la porte » (ça fait très boudoir pour messieurs chics et un peu vicieux qui déclenchent le véritable orgasme, les femmes jouissent fort bien sans coït, et que c’est pour cette raison(entre autres) qu’elles aiment faire l’amour entre elles et que « c’est si simple si simple comme disait une héroïne de Christiane Rochefort (qui fut une des gouines rouges ) . Rajoutons pour enfoncer le clou que « toutes les femmes seront de hommes » (dixit Dustan qui se met le doigt dans l’œil, par un phallocentrisme exacerbé, qui serait comique s’il n’avait pas de si grandes conséquences pour beaucoup).
Il serait si simple de repenser les sexualités dans leur ensemble, c’est un des axes de notre projet ; pas de replâtrage, mais une vue d’ensemble.(23) Tout le monde criera bien fort sur le moment, mais ensuite tout ce même monde sera libéré d’archaïsmes insensés ; lesbiennes et gais peuvent apporter beaucoup par leurs expériences au monde figé hétérosexuel

Quant au clonage, je vous livre la note de Prochoix parue sur son e-mail du 3 02 03
La secte Raël a annoncé la naissance d'un (deuxième. Nda) bébé par clonage de deux lesbiennes. Dans ce cas, il ne s'agit pas d'une duplication d'un individu mais bien du mélange de deux ADN (celles de ces deux femmes). Contrairement au clonage mono-ADN, ici, le clonage ne fait que se substituer à un mélange de gamètes mâles et femelles mais aboutira, comme toute reproduction naturelle, à la création d'un individu nouveau et unique. » à vérifier
Enfin, en politique internationale, Chirac envoie le ministre du tourisme pour représenter la France (alors qu’il y avait 18 chefs d’Etat étrangers) au Brésil pour l’investiture de Lula au Brésil ; ça c’est de la grande politique. On a honte.
Le fin du fin (ou la fin de tout) le vœu d’un adjoint de la Mairie de Paris : mettre plus de sable sur les quais de la Seine l’été prochain. Pour pousser à la roue de la droite, on ne s’y prendrait pas autrement, ne pas se tromper de char. Et SDF et sans papiers s’abstenir, prière de rester de l’autre côté de la barrière, ils sentent mauvais et ça fait tache.

Geneviève Pastre
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