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Edito N°40 du 9 février 2003

POLITIQUE EN MIETTES. Politides ou Mauves ?
Ayant entendu dernièrement quelqu’un concluant que la recherche de la couleur d’un tee-shirt politique était un signe de nullité en tout cas du vide de ce parti, je me suis sentie visée, naturellement.

POLITIQUE EN MIETTES. Politides ou Mauves ?

Ayant entendu dernièrement quelqu’un concluant que la recherche de la couleur d’un tee-shirt politique était un signe de nullité en tout cas du vide de ce parti, je me suis sentie visée, naturellement. Je tiens donc à rappeler à nos amis et à nos ennemis, la raison de ce choix. Le nom originel et officiel du parti que j’ai créé, est Politides, « soit : filles et fils de la cité. » il faut peut-être le rappeler. C’était pour souligner ce qu’avait de restrictif l’usage à tout va et abusif que l’on faisait alors du terme de « citoyens », et je voulais me et nous démarquer du côté plus civil et civique que politique du terme : chacun à sa place semblaient dire les hommes politiques. Et pour cela il fallait un mot. Une autre façon de faire une ligne de partage entre Français, est la France d’en haut et la France d’en bas ; on me dira que les deux lignes ne passent pas au même endroit ; ce qui est parfaitement exact. La connotation de la gauche se voulait valorisante, celle de la droite est lourdement dédaigneuse. On a l’impression qu’il faut se pencher pour voir, des créneaux de la tour de garde, le bas peuple qui s’agite et vaque autour de ses masures fût-ce des mas méditerranéens ou des fermes poitevines ; bonjour mon brave dit l’homme d’en haut, mes respects monsieur (le baron, le comte le député selon les circonstances) répond l’homme d’en bas ; chacun sa place n’est-ce pas. Même si le terme citoyen a une autre allure et une autre Histoire, et s’applique à chacun, il n’empêche qu’i a pris une acception nettement limitative. Car sa limite est une borne. Soyez de bons citoyens, et laissez nous faire notre métier de politicien.
Politides, lui, indique que chacun est lié à la cité, est acteur direct de son gouvernement,(chacun pouvait aller à l’agora), qu’il n’a pas à passer par les corps intermédiaires investis de pouvoirs certains légitimes (mais légitimés dans quelles conditions ?) et d’autres manifestement suspects (donc prétendus naturels) ; par exemple la famille. Sophocle en effet s’adresse aux femmes grecques, chose qui a une valeur étonnante extraordinaire, si l’on se rappelle que la femme grecque réellement obtenait sa citoyenneté qu’après le mariage et avoir eu un fils. Euripide, Platon et Aristote reprennent le terme.
Sur la scène du théâtre, le coryphée ose appeler les femmes « Politides » : « vous qui avez une conscience politique» .
Voilà pourquoi j’ai choisi ce nom. Le zôon politikon en grec est neutre, c’est à dire dépasse le « genre », contient en puissance la fonction politique pour tout membre de la cité. Aussi imparfaite que soit la cité grecque, qui comportait aussi les esclaves et les métèques, elle contenait en germe le principe de son universalisation.
Le nom Mauves ne fut créé que pour l’usage quotidien, d’intérêt pratique comme il y a (eu) les rouges les verts etc ; ce mot est maintenant connu et adopté, d’usage courant, mais il ne signifie pas du tout la perte du mot central ,Politides, du sens, porteur du fond. Plus que symbole.
Il v a donc de soi que nous ne nous alignons sur aucun parti existant, nous redonnons toute sa force à la fonction politique de tout membre de la cité. Car nous, les Politides, (ou mauves) avons des idées générales, une philosophie claire, et nous proposons autre chose aux citoyens que de devenir des consommateurs et nous ne voulons pas participer d’une entreprise au service des consommateurs. Nous ne voulons être performants, ni faire du marketing politique ; et nous ne parlerons pas des sexualités comme une élément important de notre fonds de commerce, nous en parlons car nous voulons refonder nos idées sommaires sur cet aspect essentiel de notre vie personnelle relationnelle et sociale ; et je ne crois pas que la « communication », du moins au sens où on l’enseigne actuellement, soit la bonne voie, car elle ne montre que le « bon profil « du fonds commerce, et non l’intérêt général et comment celui-ci doit être relié à l’intérêt de chacun, dans une éthique de solidarité de justice de dignité de la pensée de la conscience de soi et de la conscience collective. L’idée que la philosophie soit « ce qui est bon pour les riches est bon pour l’économie » comme le résume Hervé Nathan, en dit long sur le cynisme des riches.
Mais même la gauche peine à trouver une position « idéologique » elle oublie que tout part d’une philosophie.



Il suffit de voir dans le même Libé en page 14 : « l’ISF l’impôt honni des patrons »,

Quelques pages plus loin( p 19 ) Libé titre « APA les allocataires appelés à payer ». Pour l’ISF, on trouve normal de plier devant la menace de la fuite des capitaux (qu’on trouve normal elle aussi), et l’on trouve du même coup « normal » que des handicapés (catégorie différente des personnes privées d’aunaie mais pas tellement que ça, soient tentés d’aller s’installer en suède pour bénéficier des lois dignes d’être imitées. A vrai dire mais on n’ose pas dire le vrai, c’est sans vergogne qu’on s’en débarrasse, et du problème avec (comme d’ailleurs pour la PMA), vive les pays voisins.
La même chose pour les retraites et les raisonnements faux, et les fausses symétries : public /privé, répartition /capitalisation, la France, les autres pays d’Europe etc dans une classe un professeur ne pourrait jamais tenir de pareils raisonnements sans être accusé de corrompre les élèves et de leur inculquer un mode de pensée contraire à toute base scientifique ou rationnelle.
C’est la honte d’un pays (en tant qu’unité politique légale et morale) faire et de laisser faire de telles modifications. C’est le rôle d’un parti de veiller qu’au gouvernement il y ait d’autres projets et dans les partis d’opposition aussi !
C’est vers cela qu’il faut tendre, franchement sans aucune hésitation, et ne pas se laisser prendre aux illusions, aux trompe- l’œil, aux tours de passe-passe , dont ce gouvernement semble déjà dangereusement coutumier. Encore une fois il faut veiller à développer le goût du politique chez tout citoyen, même si ces actions, ces initiatives, augmentent le nombre des partis petits partis. Et utiliser tous les moyens pour arrêter cette hémorragie des partis provoquée par une simple loi ; je ne suis pas juriste de métier, et je regrette la mort de Gérard Bach Ignasse, le seul à ma connaissance qui avait une hauteur de vue suffisante pour juger de la politique à l’aune de la philosophie ; il faut donc prendre le point de vue absolument inverse de celui que prend le gouvernement actuel (et qui a été exprimé par des gens de gauche comme Laurent Fabius !) : c’est un signe du goût du politique qui s’exprime par la naissance de partis de petite importance numériquement. Cela nous éviterait de voir la fille de le Pen au milieu des protestataires. Inversement on ne voit pas pourquoi on s’est moqué des 16 ou 18 projets socialistes, ce sont au moins 16 ou 18 langues de bois et esprits vides en moins, et ces petits partis ont déjà fait preuve de leur capacité à se défendre et à se réunir, de se réunir au moment des présidentielles ;une poignée de gens peuvent avoir autant d’intelligence qu’une assemblée de deux ou trois cents.
Ce n’est ni l’ancienneté ni l’importance numérique qui rend crédible le programme d’un parti.

Il faudra donc veiller aux modalités juridiques pour empêcher qu’un gouvernement défasse à son gré, par une simple loi, à peine installé, les modes des scrutins antérieurs, ainsi les formes et limites des cantons, pour ne donner que ces deux exemples. Cela tient, même si c’est de loin, et d’une façon légale et pacifique, donc anodine d’une sorte de petit coup d’état . Et même si l’UMP n’a rien d’un grand parti fasciste, ces actions peuvent servir de modèle à ceux qui, à peine cachés, se tiennent prêts en souriant de toutes leurs dents qu’ils ont longues à en adopter la pratique à leur propre usage ; on l’a déjà vu.

Une autre pratique gouvernementale, sur laquelle il faut avoir l’œil, c’est l’émiettement pour masquer le plan d’ensemble,
Les décisions gouvernementales donnent une fausse impression de défilement, le nez sur le volant ou le guidon, sans horizon, mais arrêt constant image sur image, bien isolé de l’ensemble ce système de fragmentation est très habile. On trouve cela à toutes les échelles politiques
Ainsi la régionalisation qui masque, à l’heure des grandes unités nationales qui entrent dans l’EUROPE, un mouvement absolument inverse, de fragmentation et donc de dilutions du pouvoir, de déperdition de vue d’ensemble, par le biais du régionalisme au pire sens du terme. Vitaliser les régions ne doit pas se faire par une dévitalisation de la politique général, sacrifier le service public, sous-traiter, diluer, diluer le pouvoir central, multiplier les centres de décision et faire ainsi coller les gens à une région, bridant les échanges, brouillant les cartes et les esprits, isolant les centres les uns par rapport aux autres sans créer de véritable fédéralisme. Faire par avance de la France, une région, d’un ensemble qui vit à une toute autre échelle, européenne et internationale. Car ces régionalisations se superposant les unes sur les autres coûtent cher, et les impôts locaux ne peuvent qu’augmenter.
Le pire, c’est de jouer bassement avec les faux allègements d’impôts, image grossière de la démagogie, si cette mesure est dissociée d’un train de réformes et de mesures qui est déjà calculée en haut lie ;
Les Politides doivent alerter l’opinion et interpeller le gouvernement : où voulez-vous en venir ? On dit que la pensée de Raffarin est floue, mais pas du tout. Seulement il faut soi-même relier entre elles les décisions qui semblent s’échelonner dans un désordre pragmatique du coup par coup. C’et nous prendre pour des imbéciles.


Émiettement de la mémoire, émiettement aussi dans les problématiques sont les mamelles de la France ;
Donnez-moi un homme patelin, tranquille, un peu lent, massif si possible doué d’une certaine jugeote et aussi d’une bonté un peu terrienne, un peu bulldozer mais habillé d’un costume classique; mais, doté d’une main de velours et de l’autre de fer Il commence par diminuer les impôts, les impôts, mais d’une façon proportionnelle et non progressive. il annonce pourtant la couleur, mais il a commencé par toucher au porte-monnaie. Il sait arrondir les angles, faire passer la mauvaise monnaie pour de la bonne.


Il établit un calendrier précis, mais non dit, il abat les cartes, en ordre dispersé, en veillant bien à ce que la vision ne soit jamais entière et où le nord et le sud sont facilement interchangeables. Il a derrière lui les gros propriétaires, les grosses et moyennes fortunes, les financiers, avec leur morale de façade, pas trop familiale, ni quand même tonitruante, jamais de coup de poing sur la table, mais paisible, il a pour mot d’ordre de donner confiance, autrement dit de ne pas éveiller la méfiance, mais il avance comme un paisible chasseur dans la campagne pour ne pas effrayer le gibier. Il dit laissez-moi faire, je sais comment m’y prendre. Et jusqu’ici ça marche.

Alors politides ou mauves ?
Mauves aussi pleinement, puisque c’est la seule couleur qui manquit au rainbow gay, celle de la dimension politique !nous ne sommes pas de ceux ou celles qui vont mendier les droits des homosexuels aux partis qui sont au pouvoir,(on a déjà vu ça en 1986), nous ne sommes pas des caméléons. Pour nous la dimension sexuelle a toute sa noblesse, ce n’est pas une particularité agréable certes et utile à l’espèce, mais particularité quand même, elle est partie intégrante de l’être humain du je sujet dans son expression , sa relation aux autres, elle est source de joies , gratuites, de création de soi, elle forme le tissu social au même titre que d’autres relations sociales, elle est corollaire de la solidarité universelle ; toutes les sexualités ont le droit à la reconnaisance, il ne faut pas de demi mesures, elle est d‘ailleurs un élément qui doit résister à l’esprit de comsommation et pourtant on ne peut la dissocier dans le cours de la vie humaine de l’action pour plus de justice, donc à l’action contre la faim la pauvreté, la violence ;
Qui pense tirer son épingle du jeu, parmi les hétéros comme parmi les homos, aide à faire couler le bateau où il est lui-même. Et se dire, bah ! que m’importe ce qui se passe dans le monde pourvu que le gouvernement en place me laisse vivre en paix fait un pari mortel ! Si l’être humain est une machine désirante, il (et elle) est un animal politique (le mot grec est plus précis :un être vivant dans la cité ; personne ne peut être ailleurs car ce lieu n’existe pas ; c’est cela aussi être Politide.

Geneviève Pastre
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