LES MAUVES Un parti politique pour articuler ensemble nos volontés C'est un tout que l'être humain et ce tout est prioritaire

Chercher Jeudi 10 Juin 2004
Les Mauves
Edito
Equipes
Agenda
Adhésions
Tribune
Programme
Campagnes électorales
Paris
Toulouse
Rennes
Revue de presse
Liens
Les Mauves  ->   Edito  
Edito N° 42 du 16 avril 2003

BELLES AMES
Et que sont Les Mauves devenus ? Mon silence depuis un mois plutôt chargé a pu étonner et décevoir. Seul un problème technique m’a empêchée d’assurer les éditos. Rien à voir avec une fuite devant les événements. C’est mal tombé, c’est tout. Mais les Mauves écrivent, on peut donc les lire.
Après « Une femme en apesanteur » la première histoire du mouvement gai et lesbien écrit par une lesbienne (après F.Martel) sous forme de Mémoires tout à fait « transgenre littéraire », de réflexions, de journal, faisant voler en éclats tous les poncifs, depuis la révolutions copernicienne après avoir (re)trouvé la femme jusqu’à l’histoire de la naissance des Mauves, Lionel Duroi fait paraître en mai 2003 son premier roman, roman picaresque et intérieur d’un "gai" Retour à Calella, à la recherche inlassable de l’autre, perdu, et de lui-même.

Rien à voir avec les livres habituels des politiques ; le je-sujet existant ne peut se découper en tronçons « privé/public », bien pratique, très souvent vitrine/cuisine, tout se trame et se joue conjointement, corollairement.
Qu’une certaine presse gaie nombriliste s’obstine à nous regarder avec la plus grande circonspection et beaucoup de pingrerie, les Mauves continuent à se faire connaître, nouent des contacts. Triangul’ère nous a ouvert son numéro 3 ½ et j’ai pu ainsi expliquer notre projet et notre action . Illico et Je magazine passent le plus possible d’informations sur nous, et lors des mes récents passages en province, les gens viennent à moi pour avoir des informations plus précises et s’étonnent qu’on parle si peu de nous.

Les Mauves ne perdent pas de vue les élections futures. Après les législatives, Hervé Hirigoyen s’est présenté aux prud’homales à Toulouse et sa campagne a été très bien couverte par la presse. Il nous faut maintenant penser aux régionales.
Mais ils et elles réfléchissent le plus en profondeur possible, pour progressivement prendre de plus en plus position sur les brûlants sujets d’actualité. Nous ne sommes à la solde de personne et nous n’avons aucun calcul « tactique » pour avancer des pions. Nous ne cherchons pas à ne montrer que le bon profil, mais nous voulons aussi être réalistes, être présents un jour dans le jeu politique.
Malgré les demandes des lecteurs et sympathisants de notre site, cet hiver nous n’avons pu faire de réunions publiques, faute d’argent, ON ne nous propose pas de lieu et il faut faire avec nos propres moyens, qui sont minimes (nous n’avons aucune part du gâteau d’Elf, ni d’aucun pouvoir extérieur et nous ne le souhaitons pas !) mais c’est promis : rvs en juin, un peu avant le Gay Pride, à Paris. Nous sommes têtus (au sens fort du terme).
On ne pourra pas toujours faire l’impasse sur nous.
Nous avons pour nous que nous sommes neufs. Nous sommes bien les seuls à proposer une analyse toute neuve appuyée sur une solide philosophie, loin des carcans marxisants ou marchands, idéologiques chacun à sa manière.
Non, c’est vrai nous n’avons pas « fait encore les cages d’escaliers », ni les halls des quartiers sensibles, mais nous ne somme pas bobos non plus, nous ne représentons pas non plus l’ENA et ses rhétoriques. J’ai pu avoir un échange avec des habitants d’un village de 1300 habitants où une vingtaine de personnes, une femme maire d’une petite ville voisine, le Président des familles de France, une représentante d’un conseil régional, ont échangé des idées des plus pertinentes sur les sexualités (dont l’homosexualité dans ses principes et son quotidien), en toute courtoisie et naturel. Cela ressemblait à une campagne électorale, loin des circuits fermés et infatués d’eux-mêmes trop souvent de penseurs patentés. Si c’est la France profonde, elle n’est pas du tout d’en bas, et elle réserve de bonnes surprises. Et nous avons compris que nous répondons à une demande en de ses tabous et de ses conventions, ou s’élevant au -dessus des luttes au quotidien (nécessaires mais bien loin d’être suffisantes), la question des sexualités, si lourde à porter pour les partis traditionnels, de gauche comme de droite. Nous comprenons même très bien la nécessité où ils sont de composer et nous les avons soutenu, d’ailleurs la vive poussée que nous donnons pour aller de l’avant, les sert. En tout cas une chose est sûre, nous ne faisons pas une course contre la montre.

Alors pourquoi ce titre : belles Ames ?
Le spectacle de ce dernier mois nous a affligés ; la guerre, chose terrible, (mon père racontait fort peu la guerre de 14 où, soldat, il avait vécu dans les tranchées à Verdun même, où il leur arrivait de se cacher dans un trou d’obus pour ne pas être écrasé par le char qui passait au-dessus, puis en 40 prisonnier humilié dans un camp). Et quand on l’a vécue, comme moi, en pleine adolescence, on sait à peu près ce que cela veut dire. Non, nous n’avons pas manifesté dans la rue contre Bush, nous aurions pu. On nous aurait vus, avec nos banderoles mauves, c’est ça qui est important ! Vive la communication et le spectacle ! C’est donc volontaire. Je vais expliquer pourquoi.
Il fallait voir les va-t-en paix injurier copieusement les va-t-en-guerre, les foules dans les rues bondées, et les partis agiter leurs différents drapeaux et slogans ! Oui, c’est beau la paix. Il faudrait être fou pour ne pas préférer la paix à la guerre.Cette ruée, contre le fauteur de guerre, exprimait un désir de paix, c’est certain, mais j’ai toujours éprouvé un malaise, devant ces débordements, j’ai trop senti le mélange de sincérité et de naïveté chez beaucoup, et cette tentation de la facilité ! Trois heures de lecture ou d’analyse politique dans une bibliothèque, pour accroître sa connaissance du monde, ne vaudraient-elles pas des foules en marche dans des rues paisibles sans danger ensoleillées, sans risque. Désir ou volonté de paix et d’en créer les conditions réelles ?
Je me suis rappelé le Mouvement des femmes pour la paix (qui était alors la paix soviétique), la colère des communistes et de l’extrême gauche contre le plan Marshall, les moqueries méchantes des politiques assis plus tard contre Kouchner portant un sac de blé sur le dos. J’ai vu les pensées de derrière les têtes, les rivalités, les manipulations évidentes, j’ai vu trop peu de réflexion et trop de jugements sommaires, impulsifs, sans suite véritable. Des amis débarquant chez moi en revenant d’la manif, comme d’une bonne promenade de santé, j’ai été blessée.
Je pensais : ces gens qui défilent pour la paix ont-ils renoncé à leur essence, à l’usage des mille objets fabriqués à partir du pétrole ? si c’est vrai que c’est le pétrole qui est la cause de la guerre, n’en profitent-ils pas sans vergogne et bien décidés à continuer ? Sont-ils prêts à reconsidérer concrètement leurs modes de vie ? Quelle action positive ont-ils faite pour donner corps à leurs élans, ont-ils payé de leur personne, de leur temps, de leur argent, quelle a été leur réflexion pour créer les conditions d’une paix juste, forte, durable, étendue géographiquement ? C’est relativement facile dans des pays démocratiques et libres de manifester sans risque. De parler haut et fort sans être torturé ou se faire couper la langue. Voilà la bonne conscience des belles âmes.
Quant aux hommes politiques qui défendent la paix l’axe Paris, Rome, Moscou, ils se donnent le beau rôle et ils ont la mémoire courte ; Munich (on a sauvé la paix, criait-on ! Imbéciles ! Esprits faibles, politique de l’autruche) devrait leur revenir à l’esprit et la collaboration et Pétain, les terribles combats pour la Libération, mais aussi le passé tout proche. Poutine n’a t-il rien eu à voir avec le KGB ? Quelles ruses et quelle comédie (ou tragédie). Toutes les fautes intéressées, diplomatiques, de l’Histoire devraient être présentes et explicites dans la réflexion sur aujourd’hui. Et les armes vendues au Moyen-Orient, et fabriquées où ? La liste serait interminable. Mais non on repart comme à zéro, dans une virginité bouffonne. Que de contradictions ! On pardonne ici pour condamner là-bas ! Ce n’est pas le lieu pour analyser une réalité tellement complexe mais non inextricable. Il faut arriver, si possible, à penser les événements, à long terme, sans angélisme, sans naïveté, sans cynisme et sans cacher les cartes qui gênent. Car c’est justement elles qui enrayent la machine pour la paix, une paix juste, équitable et durable.

Je renverrai pour l’instant à l’analyse des pacifismes.
En 1920, Max Scheler, le philosophe allemand en distinguait 8 espèces :
1 Le pacifisme héroïque et individuel (qui a obtenu une part de sa légitimité par le refus du service militaire, l’objection de conscience
2 le pacifisme chrétien
3 le pacifisme économique
4 Le pacifisme juridique à l’origine de la convention de LA HAYE ET DE LA SDN
5 Le demi pacifisme du communisme et du socialisme
6 le pacifisme impérialiste de l’empire universel
7 le pacifisme international de classe de la grande bourgeoisie capitaliste et
8 le pacifisme de culture du cosmopolitisme

On peut simplifier. En 2003, Michel Winock distingue un pacifisme absolu et un pacifisme de circonstance ou d’opportunité; il est inséparable de l’histoire.Je ne peux que renvoyer à son chapitre de la « France politique pour comprendre que le pacifisme est une « donnée hétérogène, aux finalités contradictoires et à l’efficacité douteuse, il est un encouragement de facto à l’adversaire ; il est beau en théorie », mais il peut être une subtile mouche du coche de l’histoire, qui entend bien ne pas se mouiller et profiter du résultat quand il sera positif. ( Que de collaborateurs étaient soudain aux premiers rangs aux Ponts de Saumur où moururent héroïquement pour l’honneur tous les cadets de l’école de cavalerie.
Les Nations Unies et le Droit international sont certainement la juste voie, mais encore dans l’état actuel des choses, « encore faut-il que cette autorité soit agissante et armée ». Car dans toute société, les voleurs et les assassins pourraient œuvrer en toute tranquillité s’il n’y avait pour les arrêter que des prédicateurs (des papes) des philosophes et des militants (mais où sont les intellectuels ?) réunis chaque semaine sur les boulevards pour crier : A bas le crime ! Vive la vertu ! »
C’est difficile à admettre, mais c’est le choix de Sophie. Commençons dans nos vies propres et si nous faisons de la politique, non pas pour faire carrière, mais bien pour nous donner les véritables moyens de la paix ; la justice la tolérance, la culture et le véritable développement de l’être humain sous tous ses aspects.

Geneviève Pastre.
Présidente des Mauves

M.Winock, La France politique, Points/histoire, 2003.
Geneviève Pastre, Une femme en apesanteur, Mémoires, Balland /Modernes, 2002.
Lionel Duroi, Retour à Calella, Roman, G Pastre/Les Gémeaux, mai 2003.

SOMMAIRE / NOUS ÉCRIRE
Reproduction autorisée avec mention de la source www.lesmauves.org
www.lesmauves.org est conçu par SvpMonSite.com
svpmonsite.com