LES MAUVES Un parti politique pour articuler ensemble nos volontés C'est un tout que l'être humain et ce tout est prioritaire

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EDITO N°43 du 7 juin 2003

Le port du voile.
On me dira qu'il y a des problèmes bien plus importants et urgents (retraites et décentralisation) que le port du voile chez les filles à l'école (et les femmes musulmanes, en général).

Il y a comme une hésitation chez certaines femmes et hommes politiques ou intellectuels français à prendre la bonne mesure de cette question qui se pose de plus en plus fréquemment depuis quelques années. Dans quelle logique et quelle problématique nous placer, nous, les Mauves, et mieux encore dans quelle philosophie ou anthropologie ?
J'ai déjà écrit et c'est une des bases de notre politique, que " c'est un tout que l'être humain et que ce tout est prioritaire ", que le " je-sujet " est non seulement maître de sa vie, mais en création constante de soi, en même temps qu'il est dans une intersubjectivité également constante, qui est le face à face avec les autres, fait de désir, de désir de connaissance et de reconnaissance, qu'il participe à sa propre anthropogenèse, qu'il peut en être arraché ou privé par la violence institutionnelle ou d'une autre nature, au point d'en avoir la conscience altérée aliénée, Et qu'il doit lutter pour y accéder, et regagner cette liberté active.
Cette conscience de soi doit donc être faite aussi de lucidité et de clairvoyance sur la société, et sur tous les paramètres qui la composent qui nous structurent et nous enserrent, autrement dit la politique et ce qu'Althusser appelait justement les AIE, les appareils idéologiques d'Etat.
Tout être humain a à se libérer des contraintes pressions, formatages, instrumentalisations, effets de pouvoirs des uns sur les autres, de personne à personne et de telles catégories ou classes, sur telle autre catégorie. C'est seulement un contrat social librement consenti qui le lie aux autres.
Seule l'éthique peut l'emporter sur les intérêts économiques et politiques. Oui, tout cela est un peu long, mais il est bon de le rappeler, c'est notre raison d'être, aux côtés des autres partis (et/ou contre) ; c'est notre part de responsabilité politique. Cette voix-là nous devons continuer à la faire entendre.

Mais, pour employer une expression journalistique à la mode, un euphémisme, il y a " des questions qui fâchent " ! Sinon on met le feu aux poudres ; comme nous ne courons après aucun consensus, essayons d’être d’y voir clair et d’oser poser la question au fond.
Il faut donc le dire clairement, la problématique républicaine est nécessaire, irréfutable, la république a ses lois, la république est laïque, et dans les conflits, c'est la laïcité qui doit l'emporter en dernier ressort, comme loi. Et il faut oser le dire, avec force, fermeté, et fierté, parce que c'est un gain, un progrès inestimable qui a été fait par la loi de 1905, comme cette directrice du lycée Turgot et ces deux professeurs Roger Sanchez et J.Cl Santana, dans " laïcité, cécité " (Le Monde du 22 mai 2003) : " Pour les groupes extrémistes qui placent leur lecture de la foi religieuse au-dessus de celle de la République, le voile est un étendard politique à hisser dans les écoles. Le projet religieux de ces groupes est politique, il faut donc réaffirmer aujourd'hui la séparation entre le politique et le religieux, - et à l'école, entre la sphère des croyances et celle des connaissances ".
Or des flottements, des erreurs ont été commises, tantôt pour des raisons politiques tantôt pour des raisons purement juridiques ou d'analyse du droit constitutionnel (en 1989), tantôt encore par faiblesse tactique, tantôt avec des arrière-pensées moins avouées dont je parlerai tout à l'heure. Ce sont des fautes majeures, pour nos vies sociales, individuelles, pour la conception de notre société, pour l'équilibre international entre les intégrismes et la liberté de pensée des démocraties et pour les jeunes générations qui se trouvent parfois prises malgré elle dans des dilemmes. "
Il ne faut pas se laisser enfermer dans les pièges qui nous sont tendus. Nous y faisons tomber aussi les jeunes des écoles, et d'abord les filles à qui l'on a appris un type de raisonnement, une logique spécieuse qui se retourne contre elles-mêmes. Il faut le dire sans aucune faiblesse. Notre propre civilisation n'a pas échappé à des tentatives de reprise en main par l'Eglise catholique de cet espace de liberté laïque et ce n'est pas dans les moments les plus glorieux. Il suffit de rappeler que pendant la sale période de l'Etat français, au lycée Hélène Boucher à Paris même l'aumônier avait insisté auprès de la directrice qu'un confessionnal soit installé au lycée même, près de la salle des professeurs. Plus tard il y eut des tentatives de créer des aumôneries ­au c¦ur même des lycées (j'étais alors professeur à Montgeron). Je ne cite que quelques exemples ; on ne saurait trop louer le courage de ces proviseurs hommes ou femmes qui ont su résister à ces pressions. Mais l'Eglise catholique, sournoisement, avec patience, attend son moment de reprendre son pouvoir temporel. Et alors bien des choses pourraient changer. Son arrogance fondamentale d'être la seule dépositaire de la Vérité se cache derrière un ¦cuménisme de circonstance
Quant à sa volonté d'endoctriner les jeunes, elle est toujours latente, mais pas du tout absente. Même à l'intérieur des groupes catholiques, même dans les églises au moment des séances de " caté " ou de quelque nom plus moderne qu'on l'appelle, elle se manifeste. Entrée pour la visiter dans une église de Saumur d'un beau baroque, j'ai entendu un prêtre s'adresser à des fillettes de 11 à 13 ans et d'un ton pénétré et inquisiteur (c'est le cas de le dire) : " êtes -vous bien sûre de ne pas avoir résisté à un moment ou à un autre à l'appel du Seigneur ? Quelle faute grave, si vous vous le cachiez à vous-même ", et les petites baissaient la tête pleine de doute et de soumission (ou de révolte bien cachée). Je sortis indignée. Quel abus de pouvoir ! Quelle honte ! Et quelle arrogance ! Cette séparation de l'Eglise et de l'Etat qui date d'un siècle est un immense progrès pour les sociétés, car c'est-à-dire pour les esprits que cet apprentissage des savoirs, c'est-à-dire la recherche du penser juste. Aucun endoctrinement, aucune violence ne pourra altérer cet acquis qui accroît la noblesse, la dignité de l'être, de fonder sa dignité sur soi-même. Oser douter, exercer son esprit critique pour progresser, c'est le propre de l'être humain, et avoir cette modestie, et cette rigueur, même devant l'oppression, ça l'est encore. Hélas c'est un acquis récent. Il reste fragile. L'esprit est mouvement. Si le marxisme l'a appliqué de façon mécaniste et lourdement collective, il est juste de dire que l'esprit est " dialectique ". Au sens platonicien ou pascalien ou cartésien, qui sont toujours valables, c'est le dialogue avec soi même et autrui, le respect de soi et d'autrui. Le refus de toute échappatoire. Il existe des méthodes vérifiées, élaborées pour l'exercice de la pensée, pour analyser le réel, y compris l'homme. L'école publique, l'éducation nationale (n'oublions pas l'adjectif, qu'avec la décentralisation (insidieusement on arrivera bien un jour à la faire éclater en variétés multiples et inégales) n'ont pas le droit d'aider au blocage des esprits, de quelque façon que ce soit. Leur démarche est suicidaire ; ce n'est pas faire preuve de largeur d'esprit, mais de faiblesse, qui peut être fatale. , Et c'est là encore que je fais mienne la réflexion des deux professeurs " il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir " ; l’histoire nous l’a montré maintes fois. Or nous sommes responsables des enfants que nous éduquons. Donc pas de foulard islamique, pas de signe ostentatoire, pas de kippa, aucune distinction de race de sexe, de religion, et nous ajoutons, nous, de sexualité. Mais il existe une autre raison à cette hésitation et à cette faiblesse, dans cette tolérance à l'égard du voile. Et celle-là est largement dans le non ­dit. Dans notre pays, l'égalité des sexes n'est pas encore entrée totalement dans les moeurs. Les hommes ont réussi le tour de force de rendre le féminisme ridicule et démodé, au point que, quand on en entend parler positivement, c'est toujours dans d'autres pays que le nôtre. Le procédé est brutal souvent (la femme-objet sur les affiches de pub, les allusions porno aussi à peine voilées ou étalées grossièrement et cyniquement à la télé), ou présentées sur un mode taquin " les femmes de" qui firent l'objet de tout un article dans le Nouvel Obs après les présidentielles, le déni des femmes présentes dans la politique et la minimisation de ce progrès en tant que tel, après l'histoire des " jupettes ", l'inégalité des salaires, le contournement de la loi sur la parité, les brillantes exceptions, mais les mesures à peine déguisées en faveur du retour au foyer. C'est un travail de sape ? Non, il devient plus direct et arrogant : ce sont les prostituées qui sont visées par les lois Sarkozy et non les clients qui sont tout de même les demandeurs et exploiteurs ! Et l’Eglise n’est pas en reste : Le pape vient d’excommunier une dizaine de femmes sous un prétexte fallacieux, et elle refuse énergiquement la prêtrise aux femmes. La liste serait longue ; Alors le voile ? Bien des occidentaux secrètement sont assez complaisants devant toute mesure qui discrimine indirectement peu ou prou les femmes en tant que telles. Ils préfèrent employer des arguments qui sont eux-mêmes un voile à l’égard du voile. Ces derniers sont évidemment intenables, de mauvaise foi, mais ils possèdent une logique interne, aussi courte soit elle qui remplace un raisonnement bien fondé, et ils en arrivent à véritable retournement ; Un détournement du problème. Les causes ? Une profonde misogynie, un mépris premier de la femme, une haine, une peur, devant sa puissance de création (et de procréation), sa force de résistance, qui se joint à une intelligence qui les perce à jour, les juge et qu’ils ressentent comme dangereuse. Elles deviennent rivales et non plus partenaires. Bien sûr le cercle de leur liberté est très grand mais, aux postes clés dans la plupart des pays (sauf des exceptions notables les pays socio démocrates du nord, c’est l’homme qui a le pouvoir et " c’est nous qui l’avons, nous ne le céderons jamais ", ou encore le dicton d’un agriculteur : " Tu traites ta femme selon le pays auquel tu appartiens ". (Droit coutumier plus fort que loi écrite, autrement dit la Tra-di-tion. Ainsi quelle belle occasion pour les plus hostiles à l’émancipation totale des femmes que cette apparition de coutumes religieuses coraniques -de l’islam politique (même si ces coutumes, comme l’excision, sont antérieures à l’islam), on ne peut pas dire qu’il s’y soit opposé avec vigueur, il avait le pouvoir, il le pouvait parfaitement). Une interprétation étroite s’est mise en place. Au fond, ce n’est pas si mauvais que ça, que cette entrave physique du voile (qui ne fait pas de mal après tout, il ne blesse pas) se manifeste dans les écoles collèges et lycées. C’est toujours ça de gagné, un avertissement un frein, contre les revendications jugées excessives. Et comme le disaient vigoureusement deux journalistes sur Radio libertaire un de ces dimanches, " les femmes sont invitées à se boucher les oreilles ", et " la logique du propriétaire (femme-objet) se cache derrière le masque honorable de la Tradition «, enfin " il y a un renversement du raisonnement, la responsabilité retombe sur la femme " (comme dans les monothéismes), c’est donc à elle de disparaître comme individualité séductrice, sous le voile de l’uniformité ; prison mobile, c’est si facile. Et en plus elles se laissent persuader, la femme ? Une excisée mentale.
Ce qu’on sait moins c’est que les femmes juives orthodoxes, quand elles se marient, se coupent les cheveux et portent une perruque. Et cela se fait encore. Vatican II a supprimé les cornettes et les signes distinctifs pour les religieuses. Mais, (en réponse peut-être au voile islamique toléré ou s’appliquant à elle-même la nouvelle décision du Conseil constitutionnel), un professeur de lycée, religieuse en civil, ne s’est-elle pas présentée à un oral de bac en costume, il y a un an ou deux ? Nous sommes dans des systèmes ancestraux d'hétéropatriarcat, où le voile est le signe de soumission à l’homme, alors que l’homme, lui, se soumet à Dieu. Les femmes progressent, se révoltent, ou se fraient une place en tirant quelques femmes avec elles. De petits esprits diront que j'exagère. D’autres femmes formées théologiquement ou idéologiquement ayant compris les mécanismes mis en place par le pouvoir mâle, par une perversion de l’esprit applaudissent et surenchérissent, peuvent devenir brillantes et jouer des rôles de premier plan, en fait les seconds rôles. Ces femmes ne sont pas forcément habillées, voilées et gantées, de noir, de la tête, visage compris aux pieds, comme cette femme parue à la télévision soutenant avec autorité la théocratie islamique, elles jouissent de la liberté d’aller et de venir, de conduire une voiture, de se vêtir élégamment, de parler à d’autres hommes que leur mari. Sans doute tout est plus ouvert et nuancé, flou artistique, habileté tactique, ou parfois véritable libération masculine à l’égard des rôles imposés aux relations homme/femme ; Mais les catégories de fond à peine souterraines restent encore majoritairement en place.
Qui oserait, avec bon sens, honnêteté, soutenir, non que Dieu exige ce sacrifice (la sueur des femmes serait leur parfum au paradis), mais que le désir des hommes est si fort qu’il est provoqué par la seule vue d’une chevelure, identifiée en somme à la toison pubienne. Ça ne vient à l’esprit d’aucun théologien islamique que, de leur côté, les femmes peuvent à la vue des hommes, tête nue ou visage non voilés (sauf nécessité guerrière ou pour se protéger du vent de sable) dans la rue, être troublées, elles aussi, donc considérer réciproquement le costume des hommes comme une menace contre leur chasteté en provoquant leur propre désir, à moins de décider qu’elles sont incapables d’identifier le nez la tête la barbe aux organes sexuels mâles.
Qui oserait dire honnêtement qu’il n’y a aucune gêne chez une personne à faire du sport la tête emberlificotée dans un foulard compliqué (enfoulardée dit insolemment le journaliste de RL, et je pense qu’il n’a pas tort : ce n’est pas la fille qu’il attaque mais le mâle qui s’arroge le droit de lui imposer et de lui faire croire que c’est une vertu), parfaitement ostentatoire, à l’encontre, non seulement des règles (qu’elles connaissaient) des épreuves auxquelles elles veulent participer, mais de toutes les coutumes occidentales qui prônent, fort heureusement la liberté du corps et l’aisance dans le vêtement. C’est d’une mauvaise foi insoutenable. C’est inadmissible.
C’est bien la femme qui est marquée, obsessionnellement, pas l’homme ; c’est plus encore que symbolique, et politique, c’est une entrave personnelle physique, une agression contre la liberté de la personne, du je-sujet, contraire à tout bon sens, par exemple aux nécessités du climat (un musulman à Paris, un jour m’a assuré que c’était pour qu’elles ne s’enrhument pas, Quelle insolence, et vous ? Lui ai-je dit. Il riait je n’étais qu’une femme), au bonheur de vivre le plus quotidien, à la socialité qui règne dans les pays démocratiques.

Nous, les Mauves, nous proposons qu’il est urgent de repenser et rappeler aux êtres humains qui vivent en société tout le rôle et la fonction du vêtement dans les sociétés, son évolution jusqu’à aujourd’hui ; Les individus ne doivent pas simplement obéir et subir des règles, sans y réfléchir, mais nous les invitons à s’interroger sur leurs sources, leurs causes, leur bien fondé, sur leurs significations sociales et politiques, nous les invitons à explorer leurs (les) possibles, à inventer leurs modes de vie, donc leurs façons de se vêtir.

L’anthropologie peut nous aider, celle descriptive qui essaie de comprendre les différents comportements humains mais tout particulièrement l’anthropologie générative, l’homme se crée continuellement dans une anthropogenèse, ais il peut lâcher prise, et régresser. Car cette anthropogenèse n’est pas automatique, il y a une participation active de la conscience de soi et de celles des autres. Les sociétés (autrement dit les différents pouvoirs, les directs, religieux, militaires et civils, mais aussi les pouvoirs indirects ou diffus, ont imposé des règles générales et particulières. Celles-ci ont varié, en rigueur, en intensité, en étendue, en finalités, au cours des âges, des rencontres de civilisations, l’arbitraire y a eu sa part, il règne encore. D’autre part, les intérêts des dits pouvoirs, ont été contrecarrés et plus ou moins contrôlés par la croissance de l’autonomie (appelé trop souvent individualisme dans son sens péjoratif) et la liberté concrète de la personne, ce je -sujet qui lève la tête la tête au-dessus de la masse où il est immergé dès la naissance, le désir de l’individu de s’affirmer, de s’opposer, de se singulariser dans la foule, de sortir de l’anonymat, ou de s’y fondre, mais de soi-même, par acquiescement libre et non par peur et par sécurité et conformisme et souvent de faire l’un et l’autre à la fois. Qu’est ce que le vêtement ? Le vêtement est d’abord protection contre l’agression de la nature, du climat, mais aussi contre les autres hommes. Mais en même temps il est signe de reconnaissance, ou assignation à une classe, une fonction. On pourrait citer mille exemples de critères de références, depuis le pantalon rouge du fantassin qui le transformait glorieusement en cible pour l’ennemi, jusqu'à l’interdiction du pantalon aux femmes pendant l’occupation, celle qui est faite aux hommes de s’habiller en femmes, parfois lois parfois coutumes impératives (dans les entreprises, la jupe pour la femme), le port universel de la cravate autrefois le haut de forme du bourgeois, la casquette, la casquette d’ouvrier, le chapeau de Mitterrand qu mettait à distance. Il peut être conformiste mais aussi provocation, appartenance à un groupe C’est un moyen de communication, un langage, parfois codé.
C’est l’uniforme lié à une fonction, depuis la tenue des prêtres jusqu’à l’uniforme militaire, la robe des juges et des avocats etc. qui donne autorité Mais c’est aussi la manifestation de sa singularité : rien de plus réjouissant qu’une foule bariolée ! Et de participer soi-même au bariolage dont le maquillage et grimage font partie. C’est évidemment une parure, pour plaire en créant de la beauté, c’est sexuel, bien sûr mais pas seulement, c’est se sentir bien dans sa peau et le vêtement est une seconde peau. C’est aussi le pouvoir de se métamorphoser. Bien sûr cela ne plait à aucun pouvoir qui veut pouvoir identifier les individus qui la composent. Mais sous la poussée des volontés individuelles qui se sont reconnues et regroupées, il a beaucoup de fantaisie de variétés de possibilités de s’affirmer de créer son code esthétique, son personnage, une des formes du bonheur de la vue, du corps, une expression de soi. Cette liberté-là, elle est fondamentale, elle aussi et d’abord et nous la défendrons La séduction ! Les puritains ne parlent que de cela et l’on y oppose la modestie, la décence,. Mais il y a un gouffre entre l’exhibitionnisme en public du sexe masculin par un pauvre type malade, entre l’exposition du corps féminin faisant de la femme un appât pour vendre la sauce tomate ou la voiture hyper luxe, parallèle à un symbolisme effréné et grotesque de l’éjaculation et de la fellation pour la vente des meilleures glaces du marché, habillement fort peu discret d’un exhibitionnisme obsessionnel et d’autre part la réalité des conduites et des règles ; la domination dont parlait Bourdieu, elle est là, l’obscénité fondamentale. Pauvres hommes, pauvre hétérocratie ! Le problème n’est pas là. Cessons de mettre cet appétit de séduction au premier plan. Ou disons les choses clairement, l’homosexualité masculine n’est-elle pas là sous-jacente pour ne pas dire éclatante. Donnons toute leur place aux différentes sexualités déplaçons les perspectives, et les choses changeront de sens. Le voile en fait est une provocation pour maintenir bien en place la différence des sexes, et en première place bien avant la différence entre les personnalités, les individu/es, et bien frapper les esprits que la femme est l’objet, la propriété, de tous les hommes d’abord, mais aussi la propriété d’un seul, C’est du féminin, " femelle «, et ensuite identiques et interchangeables, d’ailleurs on peut en épouser quatre, c’est écrit, mais où, en toutes lettres dans le Livre ! " Un tas de chiffons ", comme l’écrivit François Augiéras. Le voile stigmatise. Férocité, cynisme, cruauté, et abus de pouvoir. Pour conclure, enfin, les raisonnements inventés actuellement chez les occidentaux favorables au voile sont fondés sur des grosses erreurs, de jugement d’abord d’ordre philosophique. Il faudrait établir un petit dictionnaire de ces jugements Le dernier à ma connaissance est celui de Karine Hollmann, avocate spécialisée en droit social, paru dans Libé du 29 mai au sujet du bermuda et du voile. D’abord le principe : " les deux questions ne doivent en aucun cas être confondues ; le port du foulard est lui sous-tendu par une vraie liberté fondamentale, celle d’exprimer son appartenance à une religion, cette foi clairement mentionnée dans l’article L.122-45 du code du travail consacré aux libertés fondamentales au travail il y a derrière ce thème des enjeux d’une toute autre ampleur " Et bien non !

Cette déclaration montre d’une façon éclatante l’étroitesse du juridisme et du légalisme, leurs limites et leur utilisation inacceptables. Etat de droit, d’accord, mais encore faut-il que ce droit écrit repose sur une juste philosophie, sinon il n’aurait que les apparences du droit. Nous, nous défendons une autre conception de l’être humain de sa liberté fondamentale, en face des religions dans un état laïque) et aussi bien de s’habiller selon ses goûts tout en acceptant et gardant le droit de contester, et de changer la loi, faire de la politique sert justement à cela, dans leurs limites actuelles les usages au travail ; C’est tout ; on ne voit pas pourquoi les droits du religieux auraient une prééminence absolue et incontestée sur ceux qui touchent les modes de vie d’une personne laïque. Ne perdons pas la tête, comme certains l’ont perdue un moment face aux mutilations sexuelles des femmes. Reste l’usage politique de la chose, ne laissons pas faire des hommes qui lestent leur cheval de Troie de femmes voilées. Un être humain n’est ni un objet ni un moyen.

Geneviève Pastre.
Présidente des Mauves

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