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Les Mauves ->
Edito
Le point des Mauves au 2°tour des élections régionales en Ile-de-France
Eh oui, l’écologie s’occupe du corps de la santé de l’environnement, et nous, des désirs et plaisirs comme échange et relations privilégiées, comme culture des sexualités.
Nous y ajoutons comme corollaire nécessaire, étroitement imbriqués l’un dans l’autre, la solidarité sociale, le respect le souci de l’autre, comme l’anvers et le revers d’une même médaille; qu’on appelle ça la gauche c’est une facilité verbale langagière et un usage qui date de la Révolution, de la place des députés à l’Assemblée selon qu’ils étaient plus ou moins progressistes...
Pour faire très vite disons la gauche, sans l’héritage obligatoire du marxisme vulgate ou universitaire, sans la longue histoire et tous ses avatars. La connaissant, bien sûr, mais neufs tout de même.
Je dois faire une mise au point : j’ai été sollicitée par HES mais j’ai dit au responsable qu’étant une entité propre, avec une très forte originalité de l’analyse de philosophie et de positionnement ; je voulais bien dialoguer mais non me confondre, avec eux. J’ai participé à un débat avec HES et les Verts dans le cadre du Gueuloir célèbre lieu de débat au Tango. Mais jamais le PS ne m’a demandé de m’allier même pour des élections avec eux. Il y a eu ailleurs des tentatives de négociations, mais qui n’ont pas abouti.
Nous sommes donc libres de nos alliances , en période électorale, et compte tenu du fait que le groupe formé autour de GE était non DVD et mais plutôt centre gauche mâtiné de centre droit, il était tout à fait honorable d’en faire partie ; on peut même les louer de l’accueil qui nous a été fait (c’est eux qui sont venus nous chercher) en raison du tabou qui règne encore à gauche sur le sujet des sexualités, on ne peut que le souligner.
Il a été convenu avec Génération Ecologie que, si nous ne participions pas au 2° tour, nous choisirions chacun le camp qui répond le mieux à nos philosophies respectives.
Notre conseil de vote est, bien entendu , la gauche parlementaire. Pas de têtes au bout de piques ni de goulag, pas de destruction, de démantèlement systématique des acquis sociaux qui ont fait notre dignité depuis soixnante ans, et dont on nous promet l’accélération, pas de dialogue bluff qui n’aboutit à rien puisque ce gouvernement a tous les pouvoirs, pas cette absence totale de vergogne de gouvernants qui, ayant commencé leur mandat en augmentant de plus de la moitié leurs émoluments ont le front d’acculer les citoyens à la précarité, pas non plus d’atteinte aux libertés ni d’honneur vendu pour un plat de lentilles (un président représentant de commerce) etc etc, la liste est si longue qu’on peut laisser le lecteur la finir : il la sait par cœur, il la vit très souvent dans sa chair .
Pas d’altermondialisme chic et choc, nouvel avatar de la gauche caviar (voir la cartographie établie par le Nouvel Obs en 1981 et qui reste valable, plus que jamais) Retour au peuple.
Or que voit-on ? Qu’entend-on au finish ?
Hier une pluie d’invectives d’un côté comme de l’autre, je ne parle pas des extrêmes, dont l’éructation est le langage quotidien (ils doivent avoir des dictionnaires spécialisés en injures), chute brusque du niveau de langage, aux tribunes des meetings : à droite : espèces de jean-foutre ! espèces en voie de disparition ! attaques ad hominem, de l’autre côté : menteurs bonimenteurs ! et les salles bondées, de rire de bon cœur. Tableau consternant, avilissant, grotesque. J’ai honte !
Des gosses, des gamins, sans respect des règles du jeu, qui se lâchent, dans la gestuelle, des doigts pointés, des bras tendus, de la voix qui tonne. Quel pitoyable spectacle . On regretterait Démosthène ou Cicéron, modèles nobles de la démocratie ou de la république antiques, mais on va supprimer vite fait l’enseignement du grec et du latin, on arrache des racines, des fondements, une mémoire ; hélas on passe de la langue de bois à l’injure la plus privée de sens, la plus blessante. Mais c’est comme un boomerang, ils se crachent tous sur eux-mêmes croyant cracher sur l’autre. L’ange de la honte passe ou reste en travers de la gorge.
Mais si Charlot Dictateur reste le modèle de la satire féroce et combien lucide, que tout homme politique devrait revoir régulièrement, ils en restent, eux, à la guerre des boutons. J’ai honte pour les femmes qui sont parmi eux et je dis qu’il faut tout faire pour qu’elles soient de plus en plus présentes, non pas en imitant les mâles, ni en jouant de leur féminité pour plaire, mais en étant elles-mêmes. Tout simplement, des êtres humains
Ceci dit il faut aller voter, car dans ces clans il y des options définies clairement qui entraînent déjà l’espoir d’un jeu social et humain, et de l’autre qui promettent des conséquences gravissimes pour le peuple, pour la justice sociale qui lui est due et dont ses élus, serviteurs du peuple, restent en démocratie les derniers garants. Il faut donc choisir, soit l’égoïsme des « nantis », et le retour à une jungle sociale, soit la vertu républicaine dont parlait Montesquieu, la vertu politique qui veut le bien général celui qui ne laisse personne sur le bord du chemin. Il y va de la dignité de chacun.
Car tapis derrière, piaffant, la mâchoire féroce et les idées courtes, d’autres attendent de faire main basse sur un pays qui a porté les plus hautes idées politiques, du contrat social et les plus hautes conceptions de l’être humain, de la Renaissance aux Lumières et qui en est encore et en restera toujours responsable.
Notre pays ne souhaite pas encore le vote obligatoire. C’est un choix noble, encore faut-il en être digne.
Geneviève Pastre.
Présidente des Mauves
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