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Les Mauves
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le mariage gay et lesbien

Mamère a-il tranché le noeud gordien. Comment poser la question au fond, pour un 1789, l'abolition de privllèges. Le mariage gay et lesbien. Un faux problème ? ou un vrai problème mal posé ? Mamère a-t-il tranché le nœud gordien.
Pour moi qui suis prête dans les cas extrêmes à défendre le droit absolu à la désobéissance civile (l’actualité du D.Day nous rappelle fort opportunément cette quasi-obligation morale et politique) je ne peux que souscrire à ce geste. Bravo !

Car tout le monde s’excite sur ce sujet et chacun y va, qui de sa
spécialité sociologique, qui de sa position politique, voire
psychanalytique, qui de sa connaissance plus ou moins pointue du droit.
Ce sujet fonctionne comme un révélateur ! Vu d’en haut, c’est, en
filigrane, un pur décalque des passions, des préjugés, des peurs, des
jalousies, du sentiment d’avoir été floué, donc de la crispation
compulsive sur le dernier rempart, le légalisme pur dur et obtus, sans il
n’y a point de salut, mais au contraire la menace du chaos, la
dégénérescence, de la fin de la civilisation. En fait, de la part de
détenteurs de privilèges (1) indûment acquis et chèrement payés, quelle
résistance compulsive et inquiète ! (que de gais et de lesbiennes mariés
par peur et souci des convenances et qui ont fait violence à leurs corps et
l’ont plié à une autre forme de sexualité que la leur véritable et cachés,
que de fantasmes inavoués)… Sans compter bien sûr pour certains
–mais pas pour l’homme, maire de Bègles, me semble-t-il-, des intérêts
politiques de pure tactique. Alors évidemment il fait des jaloux ; et puis les
grands (gros) mots : " la chienlit " ! avant d’avoir l’envergure d’un De
Gaulle, il y en a qui ont du chemin à faire. Qui a donné le droit de vote aux
femmes ? Qui a créé la Sécurité Sociale ? Ce de Gaulle-là, d’après la
désobéissance civile célèbre, ne peut être oublié, même si l’on triche un
peu avec l’Histoire pour des raisons politiques. Le bouquet est
évidemment l’approbation de Le Pen qui n’en est pas à une démagogie
près. Mais la volte face est quand même de taille, elle pourrait donner à
penser… Il fut un temps où les dictateurs signaient des traités et ensuite
les bafouaient en les traitant de chiffons de papiers, tout en riant des
naïfs et des nigauds qui y avaient cru ; ceux qui se rêvent dictateurs
peuvent user de tous les moyens, ils ne trompent plus grand monde,
entre parenthèses on se demande même pourquoi les MÉDIAS leur
octroient une telle place. Les grossièretés fusaient même dans
l’émission de Christine Ockrent ! Tant pis pour elle, elle a bien choisi ses
invités, non ?Quand on joue avec le feu pour on ne sait quel idéal
journalistique, on n’a que ce qu’on mérite. Il est vrai que le personnage a
montré le bout de l’oreille, il s’est trahi : dans ses propos, il n’est
question que des hommes ! C’est la reine Victoria ! !
On en est aux insultes ? on y était déjà il y a peu à propos du pacs et
avant ? alors la haine ? la bagarre entre hétéros et homos ? La violence ?
les coups sournois et les coups directs ? la menace ? la sanction ? les
insultes les plus obscènes, dans la bouche d’une jeune mère son bébé
dans les bras à la porte de la mairie de Bègles?
Il faut le dire, les justifications sont nécessaires, on ne convaincra
qu’avec des raisons de fond, c’est-à-dire d’ordre philosophique. Je suis
heureuse de voir que Bertrand Delanoë reprend, à propos de la
parentalité, cette position que je ne cesse proposer, d’analyser, de
préciser, d’approfondir dans tous mes écrits et tous les débats auxquels
j’ai été invitée depuis près de quinze ans, mais au sujet des sexualités
mêmes. On ne peut échapper à cette réflexion : quel sens quelle place
quelle portée donner à cet aspect de nous, les rapports sexués avec
autrui ? C’est justement là le point sensible, le point faible des
revendications telles qu’elles sont présentées et argumentées
actuellement. Ce que nous faisons n’est pas contre les hétéros, nous ne
menons pas une guerre contre eux.
Pour nous les Mauves, nous vous considérons comme des partenaires,
des alliés, embarqués dans la même aventure humaine, nous voulons
vous faire comprendre que non seulement vous ne perdrez rien à ce
partage de l’institution du mariage avec nous mais au contraire vous avez
vous aussi à y gagner ! paradoxe ? absolument pas !


Mais revenons au fond : Placer le débat sur le plan juridique et légal est
de " peu de portée ", comme le dit un éditorial du Monde, je dirai même
que c’est " un cache-sexe ", c’est contourner l’obstacle : " légal " ne
signifie pas " légitime ", le droit, la loi doivent avoir un fondement
philosophique, ils en ont d’ailleurs toujours un inévitablement. C’est donc
là qu’il faut regarder, à ce niveau qu’il faut se tenir. Car se placer sur le
terrain des valeurs de tolérance, d’égalité, de fraternité n’est guère plus
convaincant. On contourne encore le problème. J’entends bien ce type de
raisonnement, il peut être habile, intéressant, mais sans être spécieux, il
reste insuffisant, superficiel, il déplace seulement les pions
argumentaires, alors qu’il évacue quand même la question de fond ! il n’y
a rien de plus détestable d’entendre avancer le magique : " les mentalités
ont changé " qui est la plus belle platitude du monde ! de la poudre de
perlimpimpin !
Pourquoi est-il-il aussi bien, bien fondé, satisfaisant sur le plan éthique,
sur celui de l’esprit, sur le plan relationnel affectif, social, physique, de
faire l’amour avec quelqu’un de son sexe, quel mal y aurait-il à le faire ?
Chaque partenaire est libre ; s’il trouve son plaisir à le donner à un autre,
et à le recevoir de l’autre, tous les deux consentants, il ne fait de tort à
personne. Il n’y pas agression ni exploitation d’un autre, pas de dol, et il
n’y pas mort d’homme. Pas de contrainte ni physique ni morale. Le
bonheur d’exister à ce moment-là, si souhaitable, n’est-il pas le même si
les contacts ou caresses, gestes ne sont pas identiques, mais tendent à
la même fin, la montée vers le délicieux et fulgurant orgasme, reçu donné
partagé ? Il y a échange des plaisirs des corps ,partage affectif,
reconnaissance réciproque, bien-être et peut-être, volonté de durer
ensemble et désir de nouer un lien officiel qui engage la volonté, l’avenir,
mêle les histoires individuelles.
Enfin, socialement, symboliquement, psychologiquement, le statut du
mariage facilite la relation avec la majorité qui n’a plus d’objection "
légale " ni morale à faire à une façon d’aimer si intense qu’elle veut, elle,
aussi, la stabilité et une situation d’égalité totale, de similitude avec les
autres couples de la même famille, alliance entre deux familles. L’idée
d’égalité, voire de normalité, au sens le plus simple (qu’on me fasse
grâce des protestations que j’aie pu entendre d’intellectuels qui
s’effarouchent que j’ose le mot, il a des connotations très pointues que je
connais aussi bien qu’eux, mais d’autres plus populaires. Arrêtez vos
grands airs et cessez de jeter à la tête du peuple des grands mots pour
l’impressionner), est plus facilement acceptée par l’immense majorité, à
condition qu’on en élargisse le contenu. Si l’on inclut une formation
philosophique de base dans l’enseignement dès la troisième, pas un
endoctrinement mais une ouverture à ces notions si indispensables à
chacun, on formera enfin tous les esprits à des idées générales, non pas
à un humanisme vague, mais à la conscience de soi et à la recherche du
sens et du juste. Tout le monde ne peut pas toujours vivre
révolutionnairement, dangereusement, comme après 68, romantiques ou
trotskistes anarchistes toutes tendances confondues, ni réinventer sans
cesse les valeurs de la société, il faut avoir du temps ne pas être en
situation précaire, avoir un peu plus que le Smic ou le RMA, un toit, ne
pas être en situation de précarité constante ou de déni généralisé pour "
penser " à tête reposée la complexité des problèmes que pose la vie.
Tout le monde ne peut pas être Diogène ! Tout le monde ne peut pas être
chercheur, spécialiste, il faut bien s’en remettre aux lois du pays dans
lequel on vit. Ce que l’on fait d’ailleurs dans une foule de circonstances et
qui facilite les échanges, assure une certaine stabilité ; mais à condition
qu’il reste le désir du doute fécond, du questionnement positif, du
pourquoi ? du comment vivre mieux et plus intelligemment ? L’Etat de
droit peut constamment être amélioré, le rôle des législateurs est
précisément de travailler à la modification des lois, à la lumière d’une
meilleure connaissance de l’être humain et c’est une tâche sans fin ;
mais c’est assez vrai que " la loi protège le plus faible ", car il faut être
réaliste et tenir compte des possibilités, des conditions réelles, dans
lesquelles les notions, les concepts, les valeurs sont reçus et perçus par
la moyenne des gens (je préfère gens à citoyens)et au lieu de les
pousser à l’inertie à l’obéissance aveugle en la tradition, les pousser à
une véritable réflexion active ouverte sans " défi", ni abus d’autorité coup
de poing, sanctions, et radar légal moral et social.
Car malgré les invectives et menaces d’un ministre, les gens, grâce aux
médias, savent bien que le mariage entre gais et entre lesbiennes est
permis, ailleurs, en Belgique et aux Pays bas., qui sont des pays tout
proches. Ce ne sont pas des pays plus décomposés moralement, plus
décadents que le nôtre ! Il est difficile de faire croire que ce sont des "
sauvages " coupés du monde et qui se livrent à des rituels de barbares.
Cessez de prendre le peuple pour un ensemble puéril, crédule,
impressionnable et manipulable. Il est avide de savoir et de comprendre !
Encore faut-il avoir soi-même la plus grande honnêteté intellectuelle.

Je croirais volontiers que ce sont d’autres motifs de crainte, moins
nobles et moins avouables, qui se cachent dans ces réactions
naturalistes et moralistes de vierges effarouchées ou de psychorigides !
et bien c’est justement, que par cet élargissement capital, on se mette à
douter du bien fondé et du caractère arbitraire de la distribution des rôles,
de la suprématie du mâle en raison de son anatomie, de ses muscles,
de sa faculté de pénétrer, de ses privilèges ! Est-on à la veille d’une 1789
sexuel ? Les gais et les lesbiennes qui sont en couple se trouvent ipso
facto dans un statut égalitaire. qui fait la vaisselle, qui repasse, qui fait la
cuisine les courses, le ménage ; que d’histoires ont fait les hétéros
autour de ce faux problème ! Ce sont des questions aussi simples et
bêtes que celles-là qui cesseront de se poser. . j’ai toujours pensé que
ces " évidences " étaient des impostures. La preuve en est faite. C’est
par incapacité à penser le différent justement que les hétéros penseurs
tricotent des raisonnements aberrants, d’une étroitesse de vue et d’une
pauvreté affligeante.
Alors bien sûr la supercherie actuelle volera en éclats. Et ces
développements pseudo scientifiques doivent céder le pas à une
observation sereine. Je reviens souvent à Pascal, eh oui, autant de fois
qu’il le faudra. Pendant que Descartes avec des théories établissait que
le vide ne peut pas exister, Pascal, lui, montait avec du mercure et une
éprouvette en haut de la tour St jacques puis au sommet du Puy du Dôme
et prouvait par l’observation le contraire. Le vide existe. Si l’on tenait
compte une fois pour toutes et selon la méthode scientifique tant prônées
par nos sociologues ,on ferait entrer dans les paramètres de base
communément admis pour toutes ces études les différentes formes de
relations sexuelles et les modalités des comportements qui les
accompagnent, cela crève les yeux, mais l’on s’entête on se bute on se
fâche on menace on crie et l’on s’agite en vain.
Car la volonté le désir de bonheur est grand et quand des êtres humains
comme vous vous crient qu’ils prennent leur plaisir ensemble, qu’ils en
sont heureux, que cela les rend meilleurs, il faut les croire ! quand il
disent qu’ils souhaiteraient parfois donc élever des enfants et les faire,
qu’ils voudraient créer un foyer, un feu, comme on disait jadis,
transmettre et participer aussi à la cité de demain. Ils ne vous
contraignent pas à vive contre vos désirs qui vous rendent vous-mêmes
tellement heureux, que vous ne pourriez pas en changer, pour rien au
monde ! Ils ne font de mal à personne, ils ne causent de tort à personne,
ils ne vous lèsent pas (sinon de ce que vous croyez être un privilège,
donc une jouissance indue alors pourquoi au nom de quoi osez-vous les
juger les mettre hors la loi, ou leur offrir un pacs de seconde catégorie, et
entretenir une inégalité totalement injustifié. Il faudrait enfin, simple
conclusion logique que ces couples si arrogants fassent des lois en
sorte qu’il n’y ait plus de fabrications d’armes ni de guerres, car leurs
enfants faits si légalement seront des tueurs ou des tués selon " le droit
de la guerre " ! ils sont si sourcilleux sur la forme des rapports sexuels et
si peu que leurs choix fondamentaux ,la justice la pais la guerre etc Alors
soyez sérieux, non soyez honnêtes, on jure que l’on ne vous " outera "
pas, si jamais ce pouvait être le cas, si vous avez eu un jour le moindre
désir vite enfoui pour quelqu’un (une) de votre sexe et que vous supposez
que l’un de nous vous a deviné. Nous trop ce que c’est que d’avoir
souffert des discriminations à notre égard ; nous ne recherchons pas une
revanche mais une véritable fraternité !


Ce choix en faveur du mariage gai doit relever d’une réflexion de fond sur
le sens de la relation sexuelle entre les êtres humains. J’en ai souvent
parlé dans ces éditos . Même si pour des raisons obscures ou fort
claires cette pensée et cette philosophie de la chose n’ont pas encore
pénétré le pré carré des milieux intellectuels autos proclamées les seuls
légitimes qui ont peur de perdre leurs privilèges, y compris la grande
presse, cette pensée passera le cap. Je suis patiente. Il faut persuader
les gens pour de bonnes raisons, celles que l’on donne actuellement
sont intéressantes mais insuffisantes pour convaincre en profondeur ; le
XXIe siècle sera le siècle des sexualités, ai-je dit et redit, encore faut-il
savoir ce que l’on entend par là. L’abolition des privilèges, dus à
l’appartenance à un sexe( toujours le même) ou à la pratique d’une
sexualité, qui n’a pas toujours été la seule au cours de la longue histoire
humaine quoiqu’on le martèle pour assurer la mainmise d’un pouvoir sur
l’immense majorité ; on impose aux peuples une sexualité comme on
impose une religion !
G.P 8 06 04
(1) privilège : " avantage, droit particulier attaché à quelque chose ou
possédé par quelqu’un, et que les autres n’ont pas ". dict. Dubois
(2) les hommes (men) oublient un peu trop souvent le danger que court
toute femme enceinte et lors de l’accouchement et la douleur au point
que je pense proposer une loi pour les retraites où l’on tiendrait compte
de la pénibilité et de la dangerosité de la tâche -comme pour les
pompiers-- pour les femmes qui ont mis des enfants au monde
.Comprend-on encore ce que cela signifie ? et ceux mêmes qui veulent
ignorer tout cela et qui s’en moquent bien vont immédiatement crier au
feu !

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