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Edito
EDITO N°13 31.10.01
Etre candidate à la présidence de la République ?
- Alors ça devient à la mode, un peu un pari, un peu une manière facile d'apparaître sur la scène publique, une façon de lancer le moteur de son parti, ou à l'opposé, un jeu, une manière de pied de nez ?
- Il y a des candidatures fantaisistes, il y a toujours eu des hurluberlus, qui ne mesurent pas l'importance de ce geste, et qui le tournent en dérision. Et les esprits sérieux de s'étonner, de hocher la tête.
- Et bien oui, je me présente, A priori je n'ai aucune chance, et je vais dire pourquoi, mais je vais peut-être faire réfléchir, et je vais dire à quoi. A quoi sert un/e président/e de la République ; en vertu de l'article 5 de la Constitution, le président
Veille au respect de la Constitution,
Assure par son arbitrage le fonctionnement régulier des pouvoirs publics
Assure par son arbitrage la continuité de l'Etat
Est le garant de l'indépendance nationale
Est le garant de l'intégrité du territoire
Est le garant du respect des traités
Ses attributions sont de deux types :
ses pouvoirs propres et ses pouvoirs partagés.
Pour faire vite, car je m'adresse aux lecteurs de bonne foi, mais qui ne sont pas forcément ni des politologues ni des spécialistes du droit, la nomination du premier ministre la soumission au referendum sous certaines conditions, la dissolution de l'Assemblée nationale; le recours et mise en oeuvre de pouvoirs exceptionnels; le droit de message aux deux assemblées, la nomination de trois membres du Conseil Constitutionnel, la nomination du Pdt de ce conseil, la saisine du conseil sur la conformité d'une loi ordinaire.
Ses attributions partagées sont des plus importantes ; la nomination des ministres, promulgation des lois, la signature des ordonnances et des décrets, la nomination des personnels militaires et civils, l'accréditation des ambassadeurs, le droit de grâce, la convocation du Parlement en session extraordinaire si le Parlement l'autorise la déclaration de guerre, le Pdt est le chef des armées, la négociation et la signature des traités, et la révision de la Constitution. sans compter la présidence de différents conseils.
Il dispose de trois services un Etat major particulier, un Secrétariat général, un Cabinet et des conseillers spéciaux.
Ce n'est donc pas une sinécure !
Edifice baroque, disent certains commentateurs, source de conflits sémantiques sans fin sur des termes flous comme arbitrage, exercice solitaire du pouvoir, bottes de géant, monarchie à peine déguisée (" le Pdt est souverain ",) (fleuron du gaullisme), il n'y a guère que le cas de la cohabitation qui peut rendre le " roi nu ".
Jupiter tonnant, c'est ainsi que les présidents ont pu prendre des décisions sans aucune restriction ! le système nucléaire civil, la force de frappe, le TGV, les programmes Concorde ou Airbus, le système est donc efficace mais aussi pervers, inversement il est aussi " celui qui peut tout quand les moyens de droit, tous les recours sont épuisés. "
- Vision excessive ! négative !, vous oubliez le premier ministre, les ministres, le gouvernement lui-même quoi !, le Parlement, et enfin le peuple ! voire , mais heureusement !
On conçoit qu'il faille un grand caractère, une grande intégrité, une connaissance des humains assez exceptionnelle, une culture générale, si possible une expérience politique solide, un caractère équilibré et pondéré, une grande capacité de travail, enfin, c'est plutôt conseillé (mais on peut cacher ses misères, cela s'est vu), une santé de fer.
On arrive, enfin au sommet, même s'il y a plus d'oxygène que sur l'Himalaya, on conçoit que cela fasse tourner les têtes : " j'ai le vertige ! "
Pour rendre un tableau tellement saisissant un peu plus démocratique, quand même, et pour donner au peuple l'impression qu'il reste maître du jeu, et d'un enjeu aussi énorme, alors qu'en 1958 avait été inventé un système d'élection du président au suffrage universel indirect, (système des grands électeurs), en 1962, a été institué le suffrage universel direct ! ô merveille des merveilles, on va pouvoir choisir soi-même, qu'on soit SDF titulaire de sa carte d'électeur ou PDG d'un empire commercial! tous égaux, tous frêres (et sœurs ) depuis 46, grâce au même législateur.. Un Pdt ira même jusqu'à partager la poule au pot dans les chaumières.
Cherchez l'erreur, car il y en a une et de taille.
En contrepartie de ce royal cadeau fait au peuple (sortez les mouchoirs, pour mieux rire derrière), on a trouvé une contrepartie discrète à l'entrée du jeu électoral et qui est moins apparent quand même ; c'est le candidat qui a ses grands pré-électeurs : je m'explique, une sorte de pré-préélection ou plus exactement pré-candidature, oui, pour être candidat officiel il faut être présenté par 500 personnes qui servent de garantie.- Ben voyons c'est facile à trouver, si ça n'est que ça ! et qui ça va être, hein, vos amis, des voisins, des gens bien, des médecins, avocats, professeurs ? ou, attendez, encore plus démocratique, le peuple, celui qui vote ! votre femme de ménage ou votre femme tout court, votre facteur, votre marchand de journaux !
- Vous plaisantez il faut des gens ayant déjà fait de la politique, la liste est donnée : " parlementaires, conseillers régionaux et généraux, membres supérieurs des associations des Français à l'étranger (- non, n'insistez pas, pas les éboueurs, ni les maçons, les professeurs d'école ! ), membres des assemblées de territoires d'outremer, membres du Conseil de Paris, maires ". Rien que du beau monde et répartis sur au moins 30. Il faut savoir se tenir, diable et avoir une tête spéciale pour entrer dans le pré carré, oh ! le pré-pré carré, un peu lointain quand même, mais déjà pour gens avertis, rompu à l'exercice du pouvoir et élus. C'est-y pas du suffrage universel tout ça On a fait basculer le " indirect " au niveau du droit à être candidat officiel, seuls un certain nombre de personnes le savent et le tour est joué ; on peut dire que les " petits candidats " commencent à savoir se défendre, car ils protestent à juste titre contre un pareil système qui écorne quand même, quel coup de canif !, le contrat promis. Et c'est la chasse aux signatures ! les aura, les 500, les aura pas, et les tractations vont bon train. Il faudrait créer des écoles spéciales, une sorte de sous-sciences po. pour former les futurs candidats dans cette recherche à ce marketing très spécial ; dans d'autres pays c'est pise, mais ce n'est pas une raison !
Mais ce n'est pas suffisant comme bagage contre les nouveaux, les naïfs !
On recrée donc une sorte de suffrage censitaire, c'est à dire reposant sur la fortune personnelle C'est simple/ Il faut de l'argent pour faire une campagne avec des affiches, des salles à louer, les traversées de la France pour des meetings etc etc ; comment financer tout ca ? Si vous avez (ou votre femme) une fortune personnelle, on ne vous demandera rien, si vous avez des amis fortunés, ou des " relations " idem. Comme c'est simple, il suffisait d'y penser. Pas de personnes " morales ". Paradoxal, car la raison avancée, en 1995, en a été qu'il fallait "moraliser" cet argent, donc plus de sociétés, plus d'associations, mais vous et votre parti (c'est pourquoi on gonfle le nombre d'adhérents pour faire impression sur les autres, mieux vaut faire envie que pitié) ; et si vous avez obtenu assez d'argent (on parle d'un minimum de 10 à 20 millions c'est à dire3048980, 3 euros) mais que vous ayez de 0,4 à 4.99 % des voix et pas 5%(encore heureux qu'on ne compte pas en euros les pourcentages) crac vous voilà endetté pour des années, car le commission ad hoc ne vous remboursera pas les 50% des frais de campagne, qui sont plafonnés à 90millions pour la présidence ; (il est vrai qu'en dessous ce serait 1/20 du plafond sous condition qu'il ne dépasse pas les frais réels.
Peu importe que vos idées soient bonnes, percutantes, que votre ou vos candidats soient convaincants, modestes et en même temps brillants, vous êtes balayés sous les ricanements des grands rivaux, de ceux qui ah ! qui, oh !qui.
Mais les Français sont moins bêtes qu'on ne pense (de toute façon il y a des sots partout, si, si, les sondages le disent, ce n'est pas la fonction qui crée l'organe, ça c'est du finalisme primaire, la fonction par elle-même ne crée que le protocole et le traitement, donc l'habit, ils et elles ont aussi du ressort, (mais chut c'est tout juste si on ose le dire), ils ont même su couper la tête d'un roi dont les ancêtres et lui aussi avaient fini par faire déborder le vase et mettre en colère le " bon peuple ", si, si, encore, ah ! ces femmes ces hommes, ces petits employés, ces salariés , ces Rmistes, ces gueux, ces SDF, ces sans papiers, ces chômeurs, ces mendiants sales et puants,- mais vous mélangez tout qu'est ce que vous êtes en train de dire, - ce que je suis en train de dire précisément.
Pour en finir avec ces réserves, les choses étant ce qu'elles sont, et le sachant, je pense qu'il qu'il est bon qu'existent des organisation politiques imparfaites et maladroites, mêlées des passions, de calculs, d'ambitions personnelles sans doute, mais organisations quand même, des constitutions mûries, retravaillées, fruits d'expériences, nées d'efforts conjugués en vue d'un bien commun et, qui, si elles tendent vers un mieux, méritent que, si l'on se sent prêt, on ose dire : je propose mes services, les fruits de mes réflexions, mon énergie, à la communauté, je suis candidat/e. La politique est un exercice noble, et je la tente. Mieux je la propose à ceux et celles qui ont la même vision que moi de la société en mouvement.
Si je m'engage, c'est surtout pour être défendre ces idées contenus dans ces préambules, ces constitutions et aider à aussi des idées nouvelles, qui améliorent ce qui existe, des solutions aux redoutables problèmes que posent notre société et les autres, puisque nous savons bien que tout est lié ; nous avons notre part de responsabilité dans ce sytème mondial, qui semble emballé comme une machine folle, mais que nous pouvons essayer de contrôler.
Avec moi déjà plusieurs se sont engagés et d'autres s'engageront. Ce n'est pas la réussite immédiate qui compte, nous en sommes sans doute encore loin, mais nous apportons quelque chose de neuf, d'inédit, ce nouveau parti n'est pas né d'un engouement, d'une " lubie ", mais c'est une gageure.. un pari longuement réfléchi. D'autres sont plus expérimentés, mais j'ose le dire, je vais essayer. Le fait même de le dire, c'est aussi donner confiance à beaucoup, c'est les entraîner à oser le pouvoir, fût-il le plus grand, celui-là. Si cette volonté n'aboutissait qu'à une " candidature de témoignage " ce serait déjà beaucoup :ce serait déjà beaucoup, qu'un petit nombre porte un projet tel que celui-là que personne n'a osé vraiment encore formuler nettement.
Geneviève Pastre
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Cf notre déclaration d'intention
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