LES MAUVES Un parti politique pour articuler ensemble nos volontés C'est un tout que l'être humain et ce tout est prioritaire

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EDITO N°15 14.11.01

L'Afghanistan /le régime des talibans
Le parti politique LES MAUVES se pose des questions que l'actualité impose. Faites-nous part de vos réflexions. (Nous travaillons à la possibilité de vous donner la parole prochainement sur un forum).

Quand on vient de prendre le pouvoir, la création d'un Ministère contre le vice et pour la défense de la vertu peut rappeler des souvenirs. (Vertu ? encore faudrait-il bien traduire les termes. Les connotations peuvent être si différentes des nôtres !). Il faut se souvenir de la morale de l'Etat français de Vichy : Travail, famille, patrie. Cela ressemble à tous les régimes totalitaires, fascistes ou réactionnaires. Ils s'efforcent de veiller à la morale de chacun plutôt qu'à développer des lois sociales !c'est plus facile ! Ils utilisent souvent les Eglises à cause de leur assise irrationnelle, de leur projection dans un paradis post mortem et qui pour cette raison même est imparable.


Pistes élémentaires de réflexion :
La place des femmes.
Homosexualité / homosocialité
Culture et religion.
La répartition des richesses.
La technique au service de qui, de quoi ?
La guerre est-elle une politique ?



Premier point : L'Occident contre le fanatisme ?
Nous avons raison de combattre le fanatisme et le terrorisme où qu'il se trouve. Mais nous n'avons pas à nous glorifier avec tant d'arrogance de notre culture occidentale. Elle a eu et a encore, à son passif, sur les mêmes sujets, ses faiblesses et ses erreurs majeures ! On peut en souligner quelques aspects :
Les politiques n'ont-ils pas rechigné à donner (pardon à rendre) leur juste place aux femmes ? Il y a un peu plus d'un demi-siècle que les femmes ont eu le droit de vote en France, et ce fut le " fait du prince ". On aurait pu imaginer un plébiscite de tous les " citoyens, hommes et femmes " bras dessus bras dessous, de la Bastille à l'Arc de triomphe, une manif monstre, on imagine des banderoles : " Nous exigeons le droit de vote pour tous, sans distinction de sexe" etc; Or il a fallu ce produit hybride, laborieusement négocié, il y a peu et chichement accordé, la " parité " pour faire avancer le schmilblik de l'égalité des sexes ; et encore j'ai assisté à des luttes sans merci de la part de parlementaires arguant de l'inconstitutionnalité d'une telle loi .( Bravo pour l'obstination des femmes engagées dans cette " conquête " ! ). Pour ma part, je n'ai jamais compris en quoi la particularité anatomique masculine pouvait être considérée comme un critère de supériorité sur les femmes ; cela m'échappera toujours, que cette pénétration soit une supériorité, c'est même d'un comique tristement vulgaire : toute femme et tout homme le savent parfaitement, mais gardent leurs réflexions à ce sujet par peur de tout faire sauter, et soi-même avec ! . Les uns en perdant leurs privilèges d'autant plus communément acceptés qu'ils sont irrationnels, les autres les avantages secondaires de leurs mensonges.


Dans le même ordre d'idées, la répression de l'homosexualité, conjointe à l'homosocialité évidente de nos sociétés avancées, est sûrement moins brutale que dans les pays musulmans. Elle n'en existe pas moins par d'autres méthodes, violences, blanches ou grises : désinformation, contrainte culturelle, sociale et morale, procédés insidieux, détournés, d'exclusion. Mais, pour dire vrai, " la vérité vraie " (comme disent justement les enfants qu'on abuse si souvent qu'ils doutent de la parole des adultes) c'est dans nos sociétés que cette forme presque invisible d'oppression est pour une grande part un masque. Elle protège des privilégiés qui s'accommodent fort bien de la situation. Ils bénéficient à la fois de réseaux discrets, souvent de la respectabilité du mariage et des enfants, donc d'une carrière assurée, pour ne pas en dire plus et ne pas trahir un secret de polichinelle. (On m'attaquerait pour "outing généralisé".) Ils se moquent pas mal de la majorité silencieuse (de moins en moins, dieux et déesses merci ! Dieu qu'elle est turbulente et gênante ! Silence dans les rangs !) qui souffre. Les citoyens auraient tout de même le droit de savoir ce qu'il en est vraiment des sexualités, et de pouvoir choisir leur sexualité d'une façon absolument libre et ouverte. Cette hypocrisie n'est pas le signe d'un humanisme bien compris. Elle ne se distingue guère de celle d'autres cultures, où, malgré des pratiques discrètes, on jurera mordicus qu'on n'est pas un pédé, puisqu'on est actif (quant aux femmes, ce n'est pas " bouche cousue mais sexe cousu par millions).


Finissons-en donc avec ces cultures patriarcales partout dans le monde, y compris chez nous. Dépassons notre minable petit intérêt, au jour le jour ou à long terme. Arrêtons ces honteux et crimine,ls droit de cuissage, ces viols de femmes, de filles, de garçons, de dominants sur des dominés, de maîtres sur des esclaves. Cessons de nous jouer cette horrible comédie !

Voilà pour le premier point. Il est capital et central, contrairement à ce que laissent croire les autres partis. .Sur ce sujet ils traînent les pieds. Ce sera difficile à concrétiser, car il bouscule des représentations ancestrales, et met fin à des privilèges éhontés, mais c'est un objectif premier du XXIème siècle. Il faudra bien y parvenir et les Mauves y travailleront de toutes leurs forces.



Deuxième point : La religion est-elle une manière de gouvernement ?
Cultures et religions peuvent-elles être liées au politique au point d'être confondues avec lui, c'est à dire avec l'organisation raisonnable des sociétés ?

Il faudrait faire de l'histoire comparée. Il a fallu la Révolution en France pour séparer le religieux du politique et créer l'Etat laïc. Cela fait juste un peu plus de deux cents ans, mais bien des pays occidentaux mêlent encore un Dieu et les religions établies à leurs combinaisons politiques, voire chantent dans des cathédrales des Te deum quand il y a une victoire ou le De profundis pour un enterrement d'un personnage officiel. Ne disons donc pas trop vite que nous sommes totalement indemnes de toute confusion entre l'Etat et la religion. Les pressions religi ieuse sont fortes et les différences entre les confessions ne changent pas les choses, car au fond c'est le même combat. On oublie ,en outre, trop souvent dans les médias de donner leur juste part aux agnostiques, athées, non croyants (c'est difficile de donner une définition qui ne soit pas historiquement datée et qui ne se réfère pas aux religieux, sinon libres-penseurs peut-être). Il faut donner sa place à cette attitude toute philosophe, dans l'esprit de Camus, pleine de modestie et de sérénité, de volonté, de pragmatisme, de sagesse (et pas forcément païenne au sens de certaines tendances de l'extrême droite bien sûr ). Il est plus facile d'avoir un repère unique, absolu, parfaitement muet, et défendu seulement par des textes immuables dits sacrés, que de s'avouer tâtonnant, créant des valeurs concrètes, imparfaites de justice de droit, fondées sur une certaine conception de l'humain toujours en cours de construction, perfectibles, sur les décombres de ses erreurs et de ses désastres mais riche aussi des acquis culturels,éthqiues, sociiaux et poltiques du passé. L'humanisme doit être humble, une manière et un effort de vivre et de penser à l'échelle de " l'homme nu " sur terre et dans son accomplissement et sa finitude.

L'orgueil du croyant naît paradoxalement de son abaissement absolu devant une puissance absolue elle-même inaccessible et avec laquelle aucun dialogue à égalité n'est possible. La puissance absolue n'autorise aucun doute sous peine de crime de lèse-majesté. Le premier remède est donc politique. C'est le développement et le perfectionnement de la démocratie, de l'éducation qui la fonde, de la structure de la justice sociale, de la répartition des richesses : une égalité de principe à rendre effective ! C'est donc un long travail, ingrat, incessant, lent. Il exige d'immenses compétences, des qualités de cœur, de générosité et d'abnégation. Il exige aussi un travail collectif complexe de révision des lois, de mesures, établies non en fonction de critères factieux ou d'ambitions personnelles, ou nationales, d'arrière-pensées calculatrices. On voit ce que cela a donné : créations autoritaires par des traités d'Etats, de nations, des frontières arbitraires, des rééquilibrages par des puissances étrangères,( qu'elles aient été colonialistes, impérialistes ou non ou victorieuses lors de guerres), en Europe Centrale, au Moyen Orient et en Europe Orientale. On voit les réactions de défense, le repli, au lieu de l'ouverture des peuples ainsi violentés. Envisageons des notions plus rationnelles d'organisation, capables d'apporter la paix. Rejetons les factions et les guerres issues des rivalités et des interventions souvent intéressées. N'oublions pas que par idéal mal compris ou intérêt ténébreux nous avons abrité Khomeyni ! Gâchis tragique de vies perdues, broyées par la machine qui semble après impossible à arrêter. Quand ils sont sous tendus par de vieilles conceptions de puissance, de gloire, d'empire, d'expansion, de conquêtes (mots détestables dans quelque bouche que ce soit, au nom de quelque principe qu'il soit religieux, politicien ou économique, qu'importe), ces conflits engendrent d'immenses dégâts qu'il faut ensuite réparer.
Les cultures, les arts de vivre devraient être producteurs de bien être et d'harmonie. pour tous. Leur reconnaissance mutuelle devrait être faite d'intérêt réciproque, de curiosité bienveillante, de réflexions critiques mutuelles et positives, et d'échanges. Cela provoquerait les mutations nécessaires, car certains choix, certains bloquages, certains principes faux (le critère sans critique de la " tradition ", causent cruellement et inutilement du tort à une catégorie de la population, qui affecte quoi qu'on en pense, la société toute entière. Amendements, corrections, changements devraient être obtenus non sous la pression, ou imposés par la force, mais par la persuasion, fruits d'échanges et de personnes libres dans un contrat social librement consenti. C'est une tâche au long cours, mais pressante, car quand la violence est enclenchée, le terrain est miné en profondeur, et il est très difficile de trouver la sortie…

L'économie qui cherche à dominer le monde, est au sens de production des richesses, de leur répartition, en soi, une chose noble, car elle désigne la gestion de la maison, du pays, du monde, Elle est encore la philosophie qui sous-tend les lois des échanges des productions, et qui retentit sur la vie quotidienne de chacun.
Elle a donné lieu à de nombreuses théories, reprises elles-mêmes par des politiques. L'économie est l'objet de polémiques théoriques sans fin. Aujourd'hui qu'elle est pensée à l'échelle de la planète, elle est devenue une entreprise gigantesque qui ne doit pas être laissée à la merci des intérêts personnels, purement financiers et spéculatifs d'une classe ou d'une catégorie aux dépens d'une autre, d'une partie du monde aux dépens d'une autre. Gestion si difficile après tant d'erreurs dont nous subissons les conséquences. La résistance des nantis, l'écrasement des plus faibles vivant sur les tas d'ordure, " les décharges publiques " des riches. ! il y a des tentatives de solutions plus justes : Chantier gigantesque ! Il semble que le concept d'un partage Nord/ Sud soit un peu sommaire. Un milliardaire conservateur " achète " New York et en Afghanistan un autre milliardaire fanatique (issu lui-même d'une famille milliardaire) est tout à fait capable de gérer à l'échelle mondiale tous ses capitaux. Il est donc susceptible d'améliorer l'économie de son propre pays en faveur du plus grand nombre par la création d'entreprises, d'écoles, d'hôpitaux, de bibliothèques… Or, il ne les octroie que moyennant l'obéissance aveugle à une foi aveugle autre alternative que Dieu ou Satan. Ce fanatique en vient à menacer l'existence même de tout autre ordre social et moral que le sien. Il déclare la mort à une civilisation, qui, en dépit de ses propres erreurs, est riche d'un immense passé et d'un fort potentiel. Il prêche une théologie pervertie, celle de la mort.
L'intelligence au service de la mort n'est qu'une intelligence technique dévoyée. Il y a une contradiction dans les termes : la création ou l'utilisation des armes chimiques, la bombe antipersonnel ou à fragmentation, la bombe atomique, le nucléaire à des fins de destruction, les méthodes de torture créées par une imagination en délire, ne sont le privilège d'aucun peuple, ni d'aucun temps, hélas. Les technologies n'ont aucune autre valeur et, aucune autre fin que celle que nous lui donnons.
Suivant une expression d'une autre époque, nous avons tous " les mains sales ". Nous devrions tous avoir mauvaise conscience. En cela, à des degrés divers, nous sommes tous frères.
Il se lève des voix pour s'opposer : des ONG, des propositions " citoyennes ", " civiles ", nationales et internationales, (Attac et bien d'autres groupes) des manifestations et des résolutions, des mouvements résolus, énergiques, volontairement extra gouvernementales.

Il y a une marche pour la paix le 13 novembre. Les manifestations de cette volonté civile sont nécessaires, mais elles ne sont toujours pas définies dans leurs origines politiques. Il y a eu des mouvements : des jeunes pour la paix, des femmes pour la paix, il y a des années, des associations contre le racisme,etc mais orientés par l'un ou l'autre parti. Il faut donc d'une part et d'abord bien clarifier les choses.
Ensuite il faut choisir : être aux postes de décision ou de protestation.
Mon choix, notre choix est fait, nous avons préféré la voie politique.
C'est une voie noble quand elle n'est pas politicienne. La voie diplomatique est noble quand elle n 'est pas "diplomaticienne". Car il ne suffit pas d'exiger. Il faut être en mesure d'agir, et d'avoir la compétence,la capacité de légitimer son action en vue de la durée et de la stabilité, en vue d'un accroissement de justice.
D'où la nécessité absolue que, lors d'un conflit, toutes les parties officielles ou légales ou de fait, s'emploient le plus vite possible, avec la plus grande prudence, la plus grande honnêteté, le plus grand désintéressement, à des solutions durables et pacifiques. Que toutes les parties réfléchissent et parviennent à la moins mauvaise des solutions, qui n'est pas la conquête du pouvoir, mais son partage équitable, et pas sur le dos du peuple, et d'une catégorie dépendant d'un " droit réservé " : les femmes par exemple.
Le "gouvernement" des talibans est une monstruosité sur le plan humain et politique. (on n'ose plus croire que le nom Talibans désigne des " étudiants ". Le terme signifie en général : apprentissage d'une réflexion de fond sur les questions scientifique shumaines sociales et politiques utiles à l'homme " à l'occidentale ". Les leaders en ont bénéficié largement et sans vergogne de cette instruction " à l'occidentale "). Le "gouvernement" des talibans n'est pas le seul ni le premier; mais il faudrait qu'il soit un des derniers avatars de la folie des hommes quand ils se prennent pour des dieux ou qu'ils prennent comme prétexte le Dieu qu'ils disent adorer. Les Incas ne faisaient-il pas des sacrifices humains ? L'inquisitIon n'a t-elle pas torturé et brûlé les hérétiques ? Une civilisation qui mérite ce nom doit être bienfaisante pour tous, non exclusive ni dogmatique.
Je suis de ceux et celles qui refusent aujourd'hui par principe la guerre mais n'oublient pas que nous bénéficions des lois de pays qui ont conquis leurs libertés hélas par la force des armes, avec le courage le sacrifice de certains. N'oublions pas la résistance armée à Hitler ! Même si certains ne veulent pas s'en souvenir, il y a parfois des combats qu'il est inévitable de mener si l'on ne veut pas être contraint au suicide. Qui a visité le nid d'aigle d'Hitler, en Bavière, ne peut s'empêcher de penser aux grottes où s'enfouit Ben Laden, d'où, en toute sécurité, l'un et l'autre, envoient (ou envoyaient) leurs soldats à la mort. C'est la réalité, le principe de réalité. Evidemment la seule solution devrait être la conversion de Ben Laden et des fanatiques à l'amour véritable des hommes, à la paix, à l'humilité, qui ne peut trouver qu'une voie raisonnable aux misères de ce monde ; c'est malheureusement compter sans l'orgueil exalté et hystérique d'Hitler ou du doucereux et d'autant plus dangereux Ben Laden.

La voie politique, la concertation des grandes instances internationales, les règles du droit à suivre, à créer, à corriger, à améliorer relèvent de la sagesse. Ce plus d'humanité acquis à force de réflexion peut se retrouver dans un code de lois (les Sumériens avaient un code, les Hittites de l'Anatolie avaient un code). Ce code doit relever de la sagesse, de la raison, de l'acquis historique, du mieux, conquis à partir du progrès précédent pour gagner peu à peu un espacede plus en plus grand pour le bien être de chacun, chacune.
Je comprends que Chirac demande plus d'humanitaire. C'est nécessaire. Je comprends mieux les politiques et l'ONU qui cherchent à préparer l'après taliban politique (formule qui fait presque rêver dans le cauchemar actuel). Il faut à la fois tenir les deux bouts de la chaîne : triompher du fanatisme et du terrorisme barbares et donc être efficace (De Gaulle n'avait-il pas dit en 1941, " Nous n'avons pas eu les armes nécessaires, nous gagnerons quand nous les aurons. " (Et dieu sait que je ne suis pas gaulliste !) Mais il m'a contrainte à réfléchir. J'étais adolescente et j'ai vécu la guerre. Cela me paraissait alors cynique, si real politik…Et dans le même temps, Il faut loyalement faire un effort pour ouvrir une voie politique et fonder une vraie démocratie.
Beaucoup, aux postes nécessaires, l'ont compris. Le Président d'une République comme la nôtre ne peut qu'affirmer sa volonté de paix et de justice. Mais il faut payer de bonne monnaie, c'est à dire d'exemples. Celui (celle) qui accepte de porter le titre et la charge redoutable de " chef des armées " et qui a le privilège de représenter son pays dans le monde., ne doit pas seulement calculer les conditions de son succès électoral. Il (elle) doit penser le long terme.

Geneviève Pastre
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