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Edito
EDITO N°16 20.11.01
LES MAUVES, le parti qui ose dire son nom.
Il paraît que Dominique Fernandez milite (il est toujours temps) contre le conventionnel quand il publie "L'amour qui ose sire son nom". Or, pour être anticonformiste, il faut d'abord être conforme. Ca me gêne !
Pourquoi je dis ça ? Il s'agit de la référence à la loi des 80 / 20. 80% des artistes reconnus ont étudié les artistes qui les précèdent. 80% des auteurs ont suivi des études de littérature. 80% des hommes politiques sont passés par Sciences Politique, le Droit et / ou l'ENA. Etc.… Ce ne seront jamais les 20% de Gauguin ou Rimbaud, les 20% de Raymond Forni (Pt de l'Assemblée Nationale) et autre feu Bérégovoix, tous deux passés au tamis de la subordination salariale qui nous feront voir le monde autrement. On aime les exceptions chez LES MAUVES, mais celles-ci ne suffisent pas à créer l'illusion que l'exception est la norme.
Que voulons-nous ? Déconstruire !
Jacques Derrida, l'homme-mille-pattes est présenté par Roger-Pol Droit dans Le Monde Des Livres du 16 décembre 2001 comme une sorte de double jeu : "…rangé ou terni, élitiste, démagogue ou sublime, il suscite peu l'indifférence."
LES MAUVES aussi se proposent d'interroger les présupposés (des discours, des disciplines, des institutions) pour en défaire les évidences et les pesanteurs, soulever les sédiments, démonter l'ossifié et l'appesanti, pas forcément pour tout mettre à bas.
Jacques Derrida professe "l'Université sans condition" (Stanford, 1998). LES MAUVES professent "La Politique sans condition". Nous devons pouvoir nous aussi exercer "une liberté inconditionnelle de questionnement et de proposition" et nous devons avoir le droit de tout dire et de tout publier. Sans rien laisser à l'abri, "pas même la figure actuelle et déterminée de la démocratie". Il s'agit, pour nous aussi, d'un programme de réflexion pour "repenser le concept d'homme", scruter les notions de démocratie et de souveraineté. LES MAUVES existent pour tout cela et bien plus encore.
Nous comptons réfléchir pour agir. Réfléchir avec vous. Agir avec vous.
Comme le disait le philosophe à la fin de son discours à Stanford : "Prenez votre temps mais dépêchez-vous de le faire, car vous ne savez pas ce qui vous attend !" Comme en politique : dépêchez-vous de nous rejoindre et d'adhérer car "être homosexuel, ce n'est pas seulement préférer les personnes de son propre sexe, c'est se tenir en marge de la masse de ses semblables, penser et agir différemment, apporter dans le consensus social un ferment de révolte et de discorde." Dominique Fernandez nous rejoint ?
Ces élus de gauche…
Et de cette manière, nous répondons à ces élus de gauche qui hésitent entre nous récupérer (ils s'en défendent en public) et qui, pour nous discréditer, dans le même temps, nous taxent de n'être qu'un parti de PD et de gouines repliés sur nous-mêmes. Or, la marge et la révolte, c'est nous ! La masse et le consensus, c'est eux ! Et il ne suffit pas d'être homos ou lesbiennes pour être révolté. La gauche n'a pas le monopole de la révolte… Quelles que soient les sexualités, demandez ce qu'en pensent les sans papiers, sans domiciles, sans travail, dominés, exploités, floués, jetés à la rue… Il serait temps de considérer ceux-là comme des hommes et des femmes dignes de plus d'intérêt qu'un bulletin de vote.
Surprenant ce rapprochement Derrida / Fernandez ? Avec LES MAUVES, je prends la liberté de dire non. Que je sois surpris ou que je surprenne !
Un appel au réveil de la conscience politique.
Selon Josiane Savigneau, Fernandez lance un appel au "réveil de l'art". LES MAUVES lancent un appel au réveil de la conscience politique pour repenser nos situations et nos conditions sociales, déconstruire les pratiques discursives, repenser les rapports sociaux, imaginer d'autres moyens pour d'autres cultures, imaginer d'autres valeurs, d'autres systèmes de fonctionnement et d'échanges dans la cité. Il n'y a pas QUE l'économique. Il n'y a pas QUE le culturel. Il n'y a pas QUE le social. Il n'y a pas QUE l'écologie. Il y a aussi les SEXUALITES ! Il n'y a pas QUE (définissez là votre grain de sel). La liste n'est pas close.
LES MAUVES ont besoin d'agir avec vous pour nous tous. Regardez autour de vous. Quel est aujourd'hui le seul vrai parti de la vigilance, le seul qui ne soit pas inféodé, le seul qui puisse vous permettre d'élever la voix sans compromission ?
LES MAUVES, avec vous !
Lionel Cagniart
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N. B. : A l'occasion, nous publierons sur ce site un autre texte (lisez l'édito N° 13) expliquant les difficultés (financières et administratives notamment) qu'il y a d'exister quand on n'a pas encore d'élus. Vous verrez à quel point il est urgent que vous soyez des nôtres pour que le droit à la remise en cause, à la discussion, à la déconstruction, au changement soit bien réel. Vous verrez qu'elle n'est pas si démocratique que ça la voie de la représentativité et du changement. Elle est organisée selon la règle grossière : Plus tu en as et plus tu en as !
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