LES MAUVES Un parti politique pour articuler ensemble nos volontés C'est un tout que l'être humain et ce tout est prioritaire

Chercher Jeudi 10 Juin 2004
Les Mauves
Edito
Equipes
Agenda
Adhésions
Tribune
Programme
Campagnes électorales
Paris
Toulouse
Rennes
Revue de presse
Liens
Les Mauves  ->   Edito  
EDITO N°17 27.11.01

RE-REBONDS
De la nécessité des MAUVES, comme parti politique : une candidate à la présidentielle, des candidat/es aux législatives, sur des questions précises, incontournables que nous avons posées depuis le début et que nous ne sortons pas de notre chapeau de campagne, comme on ajoute une pincée de poudre de perlimpimpin, pardon de drogue douce, pour faire pencher la balance du bon côté, le sien.
J'ai déjà dit sur ce site ce que, d'après ma longue expérience, je pense du pouvoir réel des associations sur les instances politiques, " bonnes à tout faire " des partis (comme l'avait écrit, dans la presse, un responsable, à l'occasion du centième anniversaire de la loi 1901), ou fantassins citoyens de la république. Bien justement cette docilité et cette impuissance des associations pour solde de tout compte qui m'a conduite à créer ce parti pas comme les autres, pour avoir accès au pouvoir, cesser d'avoir à protester, mendier, courtiser, pour finir par être tenu/es en laisse et muselé/es inexorablement. Au pied !
Nous préparons fermement les élections pour formuler clairement haut, fort et légalement, nos idées politiques sur tous les sujets qui préoccupent les électeurs, et qui n'ont pas reçu de réponse franchement satisfaisante, tout particulièrement la conception que nous avons du sens et de la place des sexualités chez l'individu et les changements radicaux (loin des mesures partielles et prudentes des partis traditionnels) que nous proposons et que nous défendrons. Nous osons bousculer les calculs, les prudences, la routine, mais plus encore l'opportunisme électoral, c'est bien pourquoi nous faisons peur. Tant pis tant mieux !
Malgré les obstacles que l'on pose obstinément sous nos pas : le silence de la presse, même (et surtout) gaie qu'elle soit à la botte du PS du PC ou du RPR et victimes de leurs enjeux, rivalités et mots d'ordre internes, nous parviendrons à faire entendre notre voix. Car il se trouve que la lutte et ces difficultés ne nous déplaisent pas, c'est même un exercice tout à fait tonique. Nous savons qu'il y a beaucoup de gais qui sont prêts à voter pour nous, même s'ils n'ont pas envie de s'engager (car les quelques "assoces" qui, selon Jospin, hésitent devant certaines revendications des homosexuel/les) sont loin de représenter toute la communauté au sens large), cet ensemble " naturel " de gens qui vivent et veulent vivre pleinement leurs homosexualités ou qui sympathisent fortement avec nous, qui me (et nous disent) : allez-y, ! " ne lâchez pas le morceau ", on est avec vous ! Bien sûr que nous userons de tous les outils politiques mis à notre disposition quand nous participerons au pouvoir et sur le plan international et en politique intérieure pour que les droits des sexualités soient reconnus pleinement et dans toutes leurs conséquences : libertés, reconnaissance, mariage, adoptions, PMA, culture, travail, logement, droits absolument égaux etc…, sans aucune restriction pour hommes Et femmes. Cela sera clair et clairement dit, fortement argumenté, et défendu fermement point par point et globalement.

Faut-il avoir la caution des intellectuels ?
Quant aux " intellectuels respectés ", jolie trouvaille lue dans la " bonne " presse, il s'agit d'une catégorie De luxe. Je me demande depuis pas mal de temps si j'en fais partie. Intellectuelle, sans aucun doute, mes travaux , mes écrits le prouvent largement, mais suis-je lue par ceux qui habilitent les dits intellectuels, intellos autoproclamés et qui comme la légion thébaine forment un pré carré, pied à pied défendu. Depuis un quinzaine d'années, je retrouve ici et là des idées qui sont les miennes et que j'ai exposées dans des colloques ou des écrits. Des amis à moi, (de véritables amis qui pensent, philosophent, qui apprécient ma réflexion, qui m'ont aidée et encouragée en temps utile, et dont l'avis désintéressé sincère et fondé m'est précieux) me signalent ce fait et s'offusquent de ces emprunts d'idées, non pour le fait lui-même (tant mieux si on me suit), mais parce qu'on ne me cite jamais (moi, je cite toujours mes sources ou les penseurs qui m'ont influencée). Je compte aussi quelques articles de fond ou d'actualité refusés par le Monde, Libé, ou ailleurs (je sais que je n'ai pas que des amis) ; je pense pourtant moi aussi. Ne ferais-je pas modestement reléguée au rang des " ressources humaines ", et encore !

Car manifestes et pétitions ne parviennent que très rarement jusqu'à moi. Je ne suis donc pas une " intellectuelle respectée ". Il est vrai qu'en 1981 j'ai lancé un Manifeste, "je suis gai/lesbienne" pour défendre Eliane Morissens professeur lesbienne belge mise à la retraite d'office à la suite d'une émission " Fragments de bonheur " de l'ORTBF le 28 10 80). Il a été boycotté par toute la presse, sauf Gay Pied (1). Depuis, (et sans doute pour d'autres raisons du même ordre) je suis persona non grata parmi ce beau monde des " intellos respectés ", car je ne prends pas de gants, et je gêne tous ceux (et toutes celles) qui, pendant des années et certains encore aujourd'hui ou il y a très peu, jouent le jeu du non dit, de l'ambiguïté et de ses dernières variantes . " Y a t il un hétéro dans la salle " ? Cette question posée par Madame H (2) peut parfaitement être retournée en " y a- t- il un homo par les intellos(3) respectés ? ". Ces derniers aiment le paradoxe, l'abscons (3), ce sont parfois des Don Quichotte à contre pied. Les réactions des 113 aux événements du 11 septembre ont bien montré qu'ils étaient sujets à penser faux (4). Il vaut mieux ne pas faire partie des " intellectuels respectés " ni de leur clique auto-congratulatoire, quitte à ne pas occuper le devant de la scène, chercher par soi-même afin de se forger son opinion, c'est une satisfaction de l'esprit qui, sans remplacer les joies de la chair, les complète assez bien. En tout cas la règle fondamentale reste toujours la même : chercher à agir de façon à pouvoir se respecter soi-même. Amis lecteurs, il vous faudra donc juger LES MAUVES par vous -mêmes
Ces deux remarques préliminaires une fois faites, où veux-je en venir ? A ceci :

Persécutés en Egypte, brimés en France…
Les homosexuels veulent adopter des enfants en France.
Partout des associations lancent des pétitions, des personnalités font paraître des articles, prennent la défense des homosexuels persécutés dans le monde (en Egypte en particulier) ou brimés (en France, en particulier pour le droit à l'adoption). On essaie de mobiliser l'opinion (c'est plus chic de supprimer " publique " actuellement). Le chef du gouvernement est invité à donner son jugement dans la Croix. On est œcuménique au gouvernement ! Le 20 novembre dernier Re-indignation des " assoces " et de personnalités et tournez manège !

Le premier ministre fait une véritable danse des œufs bien étrange en vérité. Les figures méritent d'en être expliquées. Pour rester dans la métaphore tant qu'on y est ! Qu' il ménage la chèvre et le chou, à savoir :

L'Eglise et l'Etat. L'Eglise catholique et son naturalisme forcené (car l'église protestante, partant de la même base, a depuis longtemps admis que, la semence étant dans la nature ce qui se perd le plus, il est absurde de demander que tout acte sexuel doive être théoriquement fécondant) tire des conséquences culturelles du principe de base ; il faut un ovule et un spermatozoïde pour faire un enfant, quel que soit le mode de rapprochement des deux éléments : voilà la nature, stricto sensu. Le reste est littérature, c'est à dire (ne criez pas !) " acquis " : culture et politique, et peut connaître toutes sortes de variantes. Il y abus de pouvoir manifeste dès qu'un mode se présente comme le seul valable, moral, possible, permis. Or c'est le règne répugnant de l'hypocrisie. Prenons un cas limite (?) qui vient d'être mis sur la scène publique ces jours ci. Le fils d'un père non identifiable, militaire français (mais lequel ? ils étaient plusieurs et cela dura plusieurs mois) et d'une Algérienne violée et violentée par eux, décide de demander réparation à l'Etat français. C'est vraiment du bout des lèvres, avec mauvaise foi, qu'on la lui accorde, mais en raison des dommages psychiques consécutifs pour lui-même et, non pour l'acte en soi. N'insistons pas. Combien de millions de femmes violées (légalement ou non) ont fait ainsi " naturellement " des enfants, de par le monde depuis des siècles, selon le mode d'emploi ou la recette naturelle, un homme / une femme, une bite / un vagin ? ! S'il vous plaît qu'on ne vienne pas mêler Dieu ni son Eglise à cette histoire, quel sacrilège, quelle sinistre farce !

Les pratiques inacceptables des législateurs.
J'ai assisté, il y a déjà quelques années, à la salle Colbert, à plusieurs réunions politiques sous l'égide du PS, dont l'une traitait de bioéthique et j'entendis que la commission avait consulté des " familles " différentes dont l'Association des Familles de France (ou quelque chose comme ça). Et l'on entendit les positions de plusieurs catégories de " familles ", mais où bien sûr les homosexuel/les ne figuraient pas. Excédée, je pris le micro pour dire que les homosexuel/les forment aussi une " famille culturelle " et pas seulement sexuelle et qu'en tant que tel/les ils/elles devaient être consulté(e)s à l'égal des autres. Cette consultation, en soi, peut paraître acceptable en raison de la loi démocratique représentative (ce sont les personnes qui ont été élues qui sont à même de choisir leurs conseillers), mais il apparaît vite qu'elle peut être contestée dans la mesure où le choix se limite à des structures auto-représentatives et " traditionnelles, scientifiques, morales ou religieuses ". Dans une république laïque cette légitimité peut être contestée par le lampiste, qualifié pompeusement par Jospin de "simple citoyen". Au nom de quels principes ?
Que Jospin mette sur le même plan les autorités religieuses, les juristes etc… me semble une faute politique bien plus grave que les détournements de fonds. Qu'on me pardonne !
Un autre argument contestable est bien celui des rapports des mœurs (et je vous en supplie prononcez mœur(s) et non moeurss " et fleurs, et peurs, lenteurs, humeurs, alors ? ") et du législateur. C'est l'histoire de l'œuf et de la poule. Si j'ai bien compris l'analyse de notre premier ministre, le législateur (c'est à dire les députés que vous allez élire et le gouvernement qui sera nommé par le président) peut " anticiper " mais non " forcer " l'usage. Alors, là qu'on m'explique ! Si j'ai l'autorisation de me marier (parce que je ne le suis pas déjà par exemple) cela ne signifie nullement que je suis forcée de le faire. Si une loi m'autorise à adopter un enfant quelles qu'en soient les circonstances ou à en faire un de même, il ne me contraint pas à le faire. Mais ceci est un l (mais de taille de la part d'un chef de gouvernement, passons et continuons.
Je cite : " Le souci du législateur c'est de traduire dans le droit des évolutions et des façons de vivre qui sont déjà communément pratiquées et reconnues ". Quelle audace politique, ou quelle vue basse ! On peut lire ce propos comme un encouragement à l'illégalité, foncez en masse, mes chers concitoyens, foncez, 50% des femmes battues le sont par leurs maris, les castes en Inde sont reconnues par tout le monde ! Les femmes sont violées par millions, des millions d'enfants au travail forcé, l'unanimité ne peut faire la loi sans une éthique, la volonté de briser des tabous, de corriger des abus des injustices, d'empêcher des crimes, de rendre les hommes plus heureux et plus intelligents.
On peut en conclure que c'est de la part de Jospin un appel indirect à l'initiative, à la révolte, un encouragement à l'insurrection sexuelle, sociale, à la révolution ! Bravo ! Moi, ça ne me gêne pas, mais de la part de Jospin, ça m'étonne. Je ne pense pas qu'il ait tenu ces propos pour en venir là.
Nous sommes dans un régime démocratique à vote majoritaire. Chaque parti défend une conception de la société et au rythme où vont les choses on en est à 49% / 51% ; alors retenez-moi, je rêve ! On ne devrait alors promulguer aucune loi qui ne corresponde pas à l'unanimité.
Le vide d'une telle pensée est évidente. Je croyais qu'un parti proposait des choix réfléchis sur de grands sujets, des propositions sur les grandes options qui s'offrent aux êtres humains vivant dans un société donnée en s'appuyant sur une certaine conception de l'homme et de la société. Nous en sommes loin.
Nous, LES MAUVES, encore une fois, nous disons oui, au choix affirmé entre les diverses sexualités, comme une expression personnelle et relationnelle, engageant les corps les sens, les cœurs et les esprits, la parole, les usages, la culture comme valeur, trésor inaliénable de l'humanité. Faut-il encore qu'elle soit bien comprise et accordée à chacun, à chacune.
Nous disons que le désir d'enfant n'est pas un effet mécanique de la relation directement féconde (et encore dans les pays civilisés on a su mettre un frein à la propagation exponentielle d'une aussi méchante espèce que la nôtre), que les qualités humaines désirables dans la parentalité, telles que la tendresse, la responsabilité, la stabilité affective, le respect de l'autre, l'art de l'éducation, c'est à dire celui de conduire un enfant vers l'âge adulte, c'est à dire l'autonomie sociale, morale, l'indépendance, la responsabilité, ne sont pas l'apanage de l'hétérosexualité ; que les lois concernant la définition de la famille doivent être changées, entièrement repensées, pour ne pas jeter ou maintenir dans le non droit sinon hors la loi ceux qui inventent d'autres formes de parenté, voire d'autres filiations, quand elles sont aussi humaines, porteuses de bonheur et d'épanouissement.
Tous les gouvernements précédents ont eu peur devant ce changement, et continuent à en avoir peur ; nous sommes les seuls à nous atteler à cette tâche et à la mettre dans nos priorités (nous n'avons encore aucun pouvoir légal, quand nous en aurons un,) à pouvoir proposer une vue globale, unifiée, cohérente, des sexualités, quoique distribuées autrement, généreuses inventives équilibrantes et plus justes. Ces rapports sont encore enfouis dans des cultures sclérosées, prisonnières d'archaïsmes et de peurs, avoués ou non avoués, que traînent ceux qui nous dirigent actuellement, de quelque bord qu'ils soient. Car c'est bien parce que la sexualité est une des composantes humaines les plus essentielles (3), les plus fortes, que les responsables politiques ont peur, pour eux-mêmes, de modifier les règles du jeu, et qu'ils s'abritent derrière de bien mauvaises raisons, on vient de le voir, pour ne pas s'engager dans la voie d'une ouverture, d'un changement complet de perspectives. Ce pas, nous, nous le franchissons. Et ce n'est pas un PACS obtenu au bout de vingt ans (et dans quelles conditions!) qui est le signe d'un véritable changement. On ne parle que de changement, et bien en voilà un et qui libérera bien des esprits des cœurs et des corps.
La sexualité n'est pas qu'une annexe, un accident, un fait de nature, une nécessité, mais une source de bonheur réciproque. 52 homosexuels accusés (je ne fais qu'en parler dans ces colonnes), 23 condamnés en Egypte, des viols à peine condamnés, des mutilations sexuelles non condamnées dans certains pays d'Afrique, l'interdiction de la PMA pour les lesbiennes en France, celle de l'adoption pour les homosexuels des deux sexes, la consommation effrénée du sexe au profit du mâle, la pérennisation grâce à l'hétérosexualité du rapport de base généralisé dominant / dominé… la liste est longue. J'ai bien lu que les barbiers rient en Afghanistan en coupant les barbes. Je n'ai pas lu que les femmes ont dansé de joie dans la rue et jeté ces burqas par dessus les moulins, les clochers ou les minarets. Avez-vous vu la foule des fillettes jouant au cerf volant à côté des gamins, vous ? Il faut passer par l'égalité des sexualités et des sexes en même temps. Ce ne peut être qu'un projet politique ! Les candidats qui tergiversent, esquivent, minimisent la question ne valent pas plus cher que ceux qui défendent ouvertement la bonne vieille morale, restrictive, assassine. Soyez vigilants !

Geneviève Pastre
Réagir.

(1) On lira les détails dans " Une femme en apesanteur " livre de mémoires qui paraîtra en février chez Balland. Si l'on ne peut plus donner une information sans avoir l'air de faire son propre marketing…
(2) Spectacle à voir tous les dimanches à 22H au Point Virgule rue Sainte Croix de la Bretonnerie, 75004 Paris. C'est nettement plus drôle et instructif que tous les débats de Beaubourg !
(3) Lire dans les archives du présent site Internet la "Déclaration d'intention" et dans Homosexualités expression / répression, " le je sujet " Stock 2000
Archives 2001 bis
EDITO N°13 31.10.01
EDITO N°14 06.11.01
EDITO N°15 14.11.01
EDITO N°16 20.11.01
EDITO N°17 27.11.01
EDITO N°18 12.12.01

SOMMAIRE / NOUS ÉCRIRE
Reproduction autorisée avec mention de la source www.lesmauves.org
www.lesmauves.org est conçu par SvpMonSite.com
svpmonsite.com